02 avril 2008

Une solitude

« D'un point de vue des pratiques et des souffrances, tout écrivain peut se comparer aux plus grands. »
(Roland Barthes, à propos de Sollers et Proust)

« Une fin que l'écrivain lit dans sa solitude sociale. Car l'écrivain est seul, abandonné des anciennes classes et des nouvelles. Sa chute est d'autant plus grave qu'il vit aujourd'hui dans une société où la solitude elle-même, en soi, est considérée comme une faute [...]. Nous acceptons (c'est là notre coup de maître) les particularismes mais non les singularités ; les types, mais non les individus. [...] Mais l'isolé absolu ? Celui qui n'est ni breton, ni corse, ni femme, ni homosexuel, ni fou, ni arabe, etc. ? Celui qui n'appartient même pas à la minorité ? La littérature est sa voix, qui, par un renversement "paradisiaque", reprend superbement toutes les voix du monde, et les mêle dans une sorte de chant qui ne peut être entendu que si l'on se porte, pour l'écouter [...], très au loin, en avant, par delà les écoles, les avant-gardes, les journaux et les conversations. »
(Roland Barthes)

 

... Et d'autres lectures dans mon petit cagibi secret.

23 février 2008

Bugs en plâtre

À noter

J'ai récupéré le titre initial du verso de mon miroir, cet autre chez moi, celui où je me dédouble dans l'écriture.
Ce changement s'opère pour des raisons impératives et néanmoins excellentes.

Il y a eu des bugs.
Du sable, voire des gravats, dans les rouages de la machine à créer qui commençait à me donner tant de plaisir, cette ouverture de tant de possibles et tous ces petits et grands bonheurs qui s'offrent à moi, que mes yeux et mon coeur sont capables d'enregistrer, et qui me font aller de l'avant. Une sorte d'accélération dans mon existance.

Il y a de la confusion depuis hier. Dans mon contexte récent, où je sors ma tête de la carapace, ça a sur moi un effet terriblement frustrant. 

D'abord ma fille a décidé de ne pas venir passer le WE ici et ça m'a blessée peinée. Hier je me suis réconfortée tant bien que mal en abordant compulsivement 30 nouveaux sites & blogs (au moins), et en animant le groupe d'ados du vendredi soir. Et me disant : je vais profiter du calme, pas d'attaque brutale du monstre de Baki, 35kg de muscles exubérants et d'affection baveuse, ni d'ados perfusés à la PS2 + TV + TNT + Coca + Kebab + téléphone + Skyrock et autres bruyants assomoirs, envahissant mon fragile repère...

Ce matin, comme toujours pas fraîche et pas pimpante, j'avais décidé d'en finir avec le polar de Fred Vargas, puis de m'attaquer aux deux billets que j'ai sous le coude depuis quelques jours : traces d'une conférence sur les ateliers 9d1e7b4927afe7352895095f9aaf3e70.jpgd'écriture et éloge d'une lecture, tous deux essentiels pour moi. Je me voyais aussi entreprendre la très innovante démarche de sortir le chien, puis remonter les 3 étages et ressortir - sans le chien et sans même y être contrainte par autrui ! - pour me rendre à la bibliothèque et y aborder quelques auteurs de vraie littérature : Roland Barthes (merci au Solitaire rature dont le dernier billet m'a particulièrement concernée), Simone de Beauvoir (grâce à Spleen), et quelques autres.

J'avais aussi prévu quelques liens sympas à partager dans une blogroll-mania number 3.

Que nenni, rien de tout cela.

Erreur fatale, ce matin m'a pris l'idée dangereuse d'aller dans ma boîte à tiroirs en carton pleine à craquer de photos du passé, et que je me suis fait un trip très mitigé d'émotions... le temps qui passe, la haine pour l'ex mari, l'attendrissement devant mes enfants petits, ces événements fixés sur ces rectangles argentiques qui dormaient là, désactivés, l'oubli les ayant rendus inoffensifs au fond de leurs pochettes ou en vrac : le bordel de la chambre de mon fils ado... qui ne l'est plus depuis longtemps, moi jeune, belle et mince, puis moins jeune et moins mince mais habillée comme si je me croyais obèse, des gens partis, des amis oubliés, des vacances pas si heureuses avec mon regard d'aujourd'hui, mon ancien appart (25 ans de vie, de combats et de courageuse résistance contre les courants mauvais)... Ces déferlantes de souvenirs pas forcément opportuns, que je figeais sur la pellicule pour tenter de vivre les choses à ma façon.

Le hic c'est que j'avais entrepris cette hasardeuse démarche en attendant un artisan carreleur, dans le but de résorber les sources d'infiltrations d'humidité chez le voisin de palier, et que toute intrusion dans mon antre est pour moi un stress intense... 

53256a12f0a02124a0bf506090f646ab.jpgArrivée du carreleur incriminé. Passablement rugueux le bonhomme, il n'en fait qu'à sa tête (et je le soupçonne d'être moyennement honnête), je me sens impuissante à lutter contre sa mauvaise foi bourrue. Durant sa bruyante industrie, j'essaye de m'isoler du nuage blanc opaque. Il s'est aussi mis en tête de réparer un interrupteur encastré dans le carrelage sans mon avis (et pour cause, la lumière au plafond ne marche plus depuis 5 ans) : j'ai donc dû éteindre le courant (et tous les onglets ouverts sur Firefox en l'attente de brillants commentaires) et quand il est revenu [le courant], seule la lumière des ampoules s'est rallumée mais pas celle de mes synapses. Je suis restée un peu prostrée, assise de guingois devant mon PC, entre deux hésitations et un état désagréable à zoner sans rien produire...

Constat à 21h : l'intrus ayant sévi, tout l'appartement est recouvert d'une couche blanche tenace, et ici même, malgré la porte fermée, les touches du clavier sont devenues légèrement blanchâtres et mon sacro saint bureau comme le reste ! Mes mains - suite à quelques déblayages d'urgence - sont irrémédiablement râpeuses de plâtre, les verres de mes lunettes s'opacifient au fur et à mesure que je les nettoie, et même mes cheveux lavés ce matin sont en carton. La cuisine ressemble à une cave qui aurait essuyé un bombardement, le sèche linge tout neuf (celui qui m'a été offert la veille de la panne du lave linge) a pris un coup de vieux, c'est pas parce qu'il sert à rien qu'il faut le massacrer.
Demain, je vais être contrainte à épuiser mon quota biennal de ménage... Consternation.

Et en attendant, malédiction récurrente et mal venue, le programme TV, seul capable de m'engloutir dans l'oubli est accablant.

Ça fait beaucoup pour une blogueuse éperdue.

Demain, après l'aspirateur, la serpillière, le chiffon et l'éponge et si je ne trépasse pas asphyxiée dans mon sommeil (je ne dispose d'aucun masque à gaz), je reprends espoir m'y remets ! 

20 février 2008

Blogroll-mania - 2

Chronique plutôt sensorielle aujourd'hui :

 

Sur le site de Joel Guenoun, ne ratez pas l'intro, magique...

Puis une superbe bande annonce de la parution d'un livre pour enfants.

 

Chez Sébastien Bailly, où j'ai trouvé dans cette [même] note sur Joel Guenoun :3a9ec27ea0d89ed0dc6f69ec79ee2805.jpg

A propos de son ouvrage Les mots ont des visages, je le cite : « il s'agit de détournement graphique [et typographique] qui font montrer aux mots ce qu'ils veulent dire. Les rapprochements sont souvent plein de sens et de poésie. Comme lorsque le germe et le terme se ressemblent tellement qu'on pourrait confondre le point de départ et la ligne d'arrivée. Et l'on va aussi, insensiblement d'ici à Là. »

Son exemple :

 

Trouvé ce matin sur le site de Hubert Guillaud :

Dans un registre visuel également, mais auditif aussi et très créatif que je découvre, cette animation typographique :

 

Et pour finir une image et un article sur Rueblog,

L'auteur de Rueblog étant véritablement une mine, et éclectique, j'ai son autorisation de venir m'inspirer chez lui plutôt souvent...

Et là vous saurez tout tout tout, vous saurez tout sur les blogueurs (et gueuses) !

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Dessin de Pessin© 

18 février 2008

Blogroll-mania - 1

 
Nouvelle rubrique
 

Vu que je me promène depuis quelques semaines presque quotidiennement sur des blogs impertinents, informés, hyperactifs, qui me questionnent, m'amusent, m'intéressent, me surprennent, me touchent, me laissent perplexe, me cultivent et/ou me donnent envie de lire toujours plus, et de découvrir toujours plus de débats d'idées... et comme j'ai souvent du temps, je vais tenter périodiquement de vous faire partager tout ça, en reprenant certains passages, extraits et citations ici, selon mon humeur, mes élans du moment ou mes goûts. Il peut s'agir aussi simplement d'un lien que je vous invite à aller visiter ou d'une fonctionnalité intéressante... à votre bon coeur bien sûr. Cette chronique Blogroll-mania fourre tout d'une curieuse, très subjective comme tout ce que je fais, ne sera scertainement pas régulière comme tout ce que je fais bien sûr. Le principe sera un peu rapide, le plus souvent dénué de sens critique, et plutôt béatement acquiescant.
Personne n'est parfait(e). 

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Trouvé en date du 16 février sur Affordance.info, de Olivier Ertzscheid  (repris in extenso)

« Ci-dessous les nouveaux programmes et instructions officielles de l'éducation nationale

  • CE1 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide du Darfour
  • CE2 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide arménien
  • CM1 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide rwandais
  • CM2 : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime du génocide juif
  • 6ème : remplacer l'apprentissage des tables de multiplication par l'apprentissage des principaux génocides du XXème siècle;
  • 5ème : associer chaque enfant à la mémoire d'un enfant victime de dépression en France
  • 4ème : associer chaque enfant (restant) à la mémoire d'un enfant victime du suicide en France

Ce type là a le surmoi d'une grenouille (de bénitier). Ca commence vraiment à se voir, et ça commence vraiment à être pénible. »

 

Sur le très spirituel blog de Patrice LANOY,
entendu/découvert ce matin sur France inter.

- La vérité des paradoxes :
[...] « les paradoxes ont une fonction logique et scientifique. Ils servent à interroger le monde. Ou plutôt, ils servent à tester les limites des systèmes de pensée qui nous permettent d’interroger le monde. Ce sont des révélateurs de faiblesses et de contradictions. »
Ou encore à propos des oxymores cette citation d'Oscar Wilde « Si vous avez dit la vérité une seule fois, on ne vous croira plus jamais, même si vous mentez beaucoup par la suite… »

- Et l'excellent article qui suit sur le nombre d'or... ou comment parler de science avec humour et esthétique !

 

L'impertinent et brillant journaliste du Nouvel Observateur Fabien Gruhier, veilleur de l'actualité dans son Tube à Essais

Au hasard un de ses derniers billets du 26 janvier, à propos des touristes de l'espace : « Les riches gogos se rendront-ils compte que «voyager dans l’espace» à 110 km, c’est se prendre pour Christophe Colomb durant une virée en pédalo ?  »

 

Sur Biffures chroniques, arborant ce sous-titre : « Ote ton loden et tes péniches et viens piquer un rupillon dans mes pénates, tu reprendras ta migration pendulaire plus tard. »

Et pour finir en rigolant, une fiction désopilante sur le dernier conseil d'administration de la Société Générale, qui cherche à ouvrir son parapluie et trouve son bouc émissaire idéal.

09 février 2008

Lectures pubiques, écritures en atelier

  1. L’atelier, l’écriture, quelle fatigue, quel élan ?
    C'est le 15 février prochain, qu'aura lieu la 3e rencontre proposée par remue.net, à 20 heures. Plus de précisions sur l'axe de ce débat sur le thème des ateliers d'écriture et de l'engagement et l'impact sur l'écrivain de ce partage, dans cet article sur remue.net.
    Cette rencontre se situe dans la lignée de celle relatée ici, et ici, à laquelle j'ai participé. Je me rendrai à cette causerie le 15 février, puisque l'atelier d'écriture est l'un de mes questionnements actuels auxquels je n'ai pas encore de réponses.
  2. J'ai réussi (non sans les habituelles angoisses anticipatrices) à aller assister hier soir à une lecture du livre « La vie parfaite » de Catherine Millot (psychanalyste et écrivain français, présente comme c'est le principe du festival), lectures faites dans le cadre du Festival Textes&Voix, par trois actrices : Aurore Clément, Nathalie Boutefeu et Hélène Barbu (avec laquelle j'ai discuté de façon fort spontanée à propos du trac et de la peur/envie de s'exposer et de l'usurpation faite du personnage pour ne pas exposer son intime). Christine G. m'avait signalé cette lecture plus spécialement, car Catherine Millot relate ici parmi deux autres destins mystiques féminins, la vie de Etty Hillesum dont je suis justement en train de lire La « vie bouleversée » (que je vous recommande chaudement, comme la parole d'une jeune femme à la vie intérieure d'une richesse inouïe, et qui aimait la vie follement), son journal et ses courriers du camp de concentration d'où elle sera déportée finalement à Auschwitz avec toute sa famille.
    Etaient présents hier soir un certain nombre d'autres comédiens, ainsi que... Lionel Jospin ! avec sa ravissante philosophe de compagne... que je n'ai pas osé aller saluer !
  3. Ma fille n'est même pas restée jusqu'à demain, et je me sens choquée... Mais ça avance beaucoup pour elle, je dois la lâcher...
  4. Cet après midi, je m'étais hardiement forcée à me convaincre que j'y arriverais, j'avais envisagé d'aller à une autre lecture, en présence de l'auteur Jean-Pierre Verheggen, « Sodome et grammaire », lecture par Jacques Bonnaffé. Le départ inattendu de ma fille m'a scié les jambes et tordu les boyaux. J'irai certainement (?) à la clôture du festival, « Nulle part dans la maison de mon père » et autres textes de Assia Djebar, lectures par Marie Christine Barrault et Nicolas Pignon. (Soirée rediffusée par France Culture !).

Je ne cesse de découvrir toujours plus de blogs, de sites et de gens [surtout !] passionnants, drôles, scientifiques, informés, connus, décalés, fantaisistes, brillants, émouvants. Bref, ça continue à s'ouvrir pour moi comme on peut voir !
Les ratiocinations et le difficile passage du Dedans au Dehors de l'Éperdue me semblent prendre un sérieux coup dans l'aile...

04 février 2008

Pourquoi s'exposer sur un blog ?

En réponse à la question fort pertinente de M. concernant ce besoin que j'ai de m'exposer sur un blog... C'est une fameuse question, très pertinente, et très intime... On prend soin de soi comme on peut, et nous sommes tous différents face à nos blessures. Et si nous avons le même amour de l'écriture, nous n'avons probablement pas le même rapport au goût de partager.

J'ai eu ma période rose de communications virtuelles (avant et pendant ma période Pulpe), ça m'a passé : j'ai fait cavalier seul sur un blog, ce fut une nécessité vitale. J'ai conservé une passion exploratrice (je suis curieuse et j'ai du temps), et je vis cet outil - le net - comme incontournable, au même titre que le bus, mon agenda, ma bosse à dents et la parole. Juste que je commence à y puiser un « plus » à ma vie et non plus une béquille à ma solitude. Et une ouverture autrement sur le monde, que je n'avais qu'au travers du petit écran. A caractère addictif, certes.

J'ai aussi un rapport obsessionnel passionnel au bidouillage sur l'ordi et le web m'excite à cet endroit là (si si !) du potentiel de communication et de découvertes, j'entends (j'entends rien à cet endroit là je rassure). Quand j'ai trouvé comment marche un truc (récemment par exemple les RSS, bon j'suis pas vive mais j'avais jamais cherché), ou toute fonctionnalité pour agrémenter mon usage au quotidien, et facilite mon cheminement vers certaines de mes curiosités, j'ai une satisfaction réelle : j'ai vaincu la bête, et je savoure une sorte de modernité qui ne creuse pas mon portefeuille déjà anorexique !

Quant au blog, il y a de l'intime que je ne partage pas ici, et inversement. Et de l'intime, ça n'est pas le même ici, le nommer et l'écrire m'en donne une autre dimension que le vécu. Avec un soupçon de recul indispensable, et un moyen de fixer ce qui s'envole trop vite chez moi, ma mémoire étant une fausse amie : j'ai le souvenir volatile...
Ici l'intérêt c'est de choisir comment je vais me dévoiler, ce que je vais dévoiler et quand, et c'est cet exercice là, à cet endroit précis, qui me soigne et me respecte...
Peut être besoin de placarder des choses que je vis, parce que je ne suis pas encore tout à fait sûre que c'est moi qui les vis ?
Bon, et puis la fréquentation de ce bloguinet est carrément confidentielle !

Je ne sais pas si dans un livre je me sentirais plus protégée, je ne crois pas. Le livre t'échappe comme un tableau, c'est un objet. Ici ça n'est pas le même rapport à la création il me semble. Il ne reste pas un objet figé, il est évolutif.

Et puis, dans un beaucoup trop long texte sur La Tortue éperdue je concluais :
- Écrire avec la peur viscérale de m'exposer, invariablement.
Donc une jouissance masochiste, probablement aussi dans cette peur là...

C'est mon côté théâtral de cantatrice authentique, mettre un peu de solennel dans mes déclarations, une emphase, une mise en scène, un costume et un décor adapté, et que ça reste gravé dans le marbre de la toile.

Parce que sinon, je suis toujours rattrapée par le quotidien qui me fauche émotionnellement.
Je suis rarement contente de ce que j'écris, enfin c'est fluctuant peut être bien en fonction de ma honte et de mon estime de moi. Je crois qu'écrire ainsi sur des blogs ce sont des pieds de nez à ma honte, ainsi qu'à ma peur mêlée d'un très fort désir de m'apparaître, et de témoigner de mon existant - et comment - aux autres... ayant peu de circonstances publiques en dehors de certains regroupements...

Dans mon tout premier blog, j'expliquais qu'au départ ça avait été un cri dans l'immensité galactique du web, qui m'a parue à la dimension du besoin inextinguible. Je crois que ç'en est toujours un, mais un cri silencieux qui ne demande rien, si ça n'est de pouvoir être poussé...

25 janvier 2008

Oyez, oyez !

J'ai eu le plaisir d'assister hier soir en avant première !, à la lecture-performance-d'acteur de Nicolas Pignon, de fragments du dernier roman d'Amos OZ (Vie et mort en quatre rimes).

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Belle expérience, très divertissante, et je vous invite à faire de même et à découvrir des textes d'une autre manière avec le:

Festival de lectures et de rencontres littéraires
du 5 au 10 février 2008 à Paris

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  • Découvrir des textes et se laisser emmener par la voix des acteurs,
  • Une programmation variée, ambitieuse, centrée sur l’actualité éditoriale,
  • Des lectures par de grands comédiens de la scène française (Marie Christine Barrault , Thibault de Montalembert, Nancy Huston, Fanny Cottenson...),
  • Des rencontres avec des auteurs importants.

N'hésitez pas à diffuser ces infos, car les soutiens institutionnels attendus n'ont pas été au RDV. Seule la passion des organisateurs (directrice artistique Nadine Eghels, qui déborde et pétille de choses à dire sur l'écriture et la lecture) et le talent des partenaires et des acteurs engagés dans l'aventure, permet de soutenir cet événement littéraire original qui vaut vraiment le déplacement ! (Et ma petite fierté : l'une de mes amies figure dans la liste des organisateurs, et n'est pas étrangère à ma présence à une autre Conférence...)

Formulaire d'inscription à éditer et à photocipier.

27 novembre 2007

Prélude

éperdu

, -UE : adj. XIIe siècle. Participe passé de l'ancien français esperdre, « perdre complètement », dérivé de perdre. 1. Qui a l'esprit profondément troublé par une émotion violente, une passion. Éperdu de joie, d'amour, de douleur. 2. En parlant d'un sentiment. Qui provoque l'égarement par sa puissance, sa violence. Un désir éperdu. Une crainte, une frayeur éperdue. 3. Qui exprime l'égarement d'une violente passion. Un coup d'œil, un regard éperdu. Une fuite éperdue, désordonnée, affolée.

(Fin de définition du Dictionnaire de l'Académie)

Et si je reconnaissais ces définitions comme prélude à ma manière de m'apparaître au monde, j'aimerais bien m'appuyer sur ce chaos existentiel et émotionnel pour le faire fructifier, la folle ambition d'en organiser quelques fragments, m'accomodant du doute, de l'absurde et de toutes les béances, allant à la quête des dons que je saurais mettre à l'oeuvre pour leur donner un peu de sens...

Et ce, avant ma Fin.

En moins abscons, je tourne actuellement autour d'une envie, d'un besoin même : aux petites heures de ce matin encore j'y pensais, à propos de l'écriture, ici ou ailleurs. Le plus dur serait de tirer le bout du fil de la bonne pelote... la distance que je souhaite prendre, et laquelle. Je ne souhaite pas "raconter" mon quotidien, et pourtant j'ai l'intuition que c'est en étant au plus près des choses les plus simples que je toucherais le lecteur, et qu'il s'y reconnaîtrait. En tout cas c'est ce qui me touche chez les autres, cette humilité dans les détails... Ma propension à tenter de mentaliser mes vécus, d'en tirer moi-même une philosophie, n'est peut être pas si bonne. Et si je laissais le lecteur le faire justement à ma place ? S'y reconnaître ? Je pressens là un fil créatif qui va me donner du fil à retordre...

Comment pourrais-je orienter ma plume pour qu'elle serve vraiment, à moi et aux autres ?