04 avril 2008
Fin
Ce blog prend fin ici, probablement...
Il est une vérité vraie que j'ai déjà éprouvée et vérifiée : un vrai « non », ouvre toujours à un vrai « OUI » dans la vie. Ça n'est jamais facile, mais c'est le prix à payer pour avancer, ou peut être bien pour une liberté exigeante. Les renoncements.
Je ferme ce blog... et si j'allais à la pêche aux explications j'en trouverais, mais je ne suis pas sûre qu'il y en ait. Parce que c'est juste un sentiment profond, j'ai ce goût là depuis quelques jours aux tripes, et ce matin c'est devenu une évidence. Alors disons : peut être parce que je crois que je gâche quelque chose, de l'énergie mal distribuée notamment, et que je m'empêche d'être là où je devrais être. Où ? Aucune idée. C'est la tâche à laquelle je compte m'atteler. Ce blog a été créé à un moment de crise personnelle, il a fait son chemin, rempli sa fonction et en cela n'a plus de raison d'être, ça ne serait qu'approximations, évitements et simulation. J'ai du mal en matière de compromis boiteux.
Petite réflexion que je me faisais l'autre jour (le 1er avril !) qui n'a rien à voir, mais que j'avais besoin de rapporter ici, juste avant : Nous faisons tous semblant d'exister, et certains d'entre nous y sont plus habiles. Je ne suis pas de ceux là. Là où j'existe cela ne se voit pas, ne se dit pas : cela s'éprouve et ça n'est pas confortable. Certains très rares le partagent avec moi, et c'est indicible.
Voilà. Ceux chez qui j'ai commenté ont mon mail, et j'ai un autre lieu sur la toile. Dont je ne sais d'ailleurs pas encore si je le laisse ouvert ou pas, mais on peut encore venir m'y saluer publiquement, en cas d'envie saugrenue (il est encore vierge de tout commentaire : encore un néant non apprivoisé !).
Merci - sincèrement - à ceux qui ont accompagné cette petite aventure, pour que ça soit un plaisir et une aide, et qu'il y ait de la joie, des découvertes, de la vie et de la curiosité partagées.
PS : je me laisse 24 heures, ou peut être moins, ou peut être plus ? pour fermer ce lieu.
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03 avril 2008
Lectures et petits fours
Agustina Bessa Luis© Luisa Ferreira
Ce soir j'ai assisté à une lecture publique de l'auteure portugaise Agustina Bessa-Luis, par l'actrice Marie-France Pisier, dans un lieu pompeux et un peu suranné.
L'écriture de cette toute petite grande Dame - dans « La Sybile » surtout - est prenante, touffue, dépliée à l'infini dans les descriptions humaines, atypique et d'une incroyable richesse, un peu dépaysante aussi (Portugal du Nord, années 1950). Dans « Le Principe de l’Incertitude », roman triptyque plus récent, le ton est plus acide, voire cynique.
Marie-France Pisier est aussi belle, et vraiment gracieuse, que sa lecture désinvolte a mangé les mots ; elle semblait ne pas s'être immergée dans ce texte, dans une décevante posture de diva évanescente... (Quand même, je l'ai vue !)
Un buffet était prévu dans une salle attenante à hauts plafonds lambrissés de bois clair. Ce à quoi j'ai assisté m'a fait croire que je jouais comme figurante dans une mauvaise copie d'un film de Tati : je me suis trouvée prise dans une cohue infranchissable d'humains prêts à tuer pour garder leur place, les petits fours assaillis par un essaim de mouches, pire qu'une empoignade un premier jour de soldes, sauvagement happés par ces mêmes spectateurs recueillis 5mn avant devant l'estrade où l'actrice officiait (applaudissements épars), mais qui semblaient apparemment ne pas avoir mangé (ni bu, surtout du champagne) depuis une semaine au moins... J'ai fini par obtenir quelques chips et un jus d'orange (je n'avais pas dîné non plus), une poignée de mains absente de la diva (je discutais avec l'une des organisatrices, étais-je une VIP ?), et surtout, l'envie de découvrir une nouvelle auteure.
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31 mars 2008
Silence, on tourne ailleurs
Au lecteur désoeuvré qui atterrirait encore ici, probablement par accident, ou par quelque inexplicable fidélité amicale et distraite, et conséquemment au long silence qui a sévi ici, je vais dévoiler (?) quelques éléments de mon absence sur la toile et plus particulièrement de ce blog.
Il y a comme une sorte de pression tyrannique de « la publication » à laquelle je me suis finalement soumise à l'insu de mon plein gré (et ça n’était pas la 1ère fois !). Car selon la Législation du blog moribond, qui dit « blog mort » dit « perte de lectorat »… et ça, je ne voulais pas non plus, j’étais en train de m’ouvrir à toutes sortes de curiosités (pour ne pas dire pompeusement « au monde ») et j’avais besoin de me sentir faire partie de ce mouvement. Et puis ça allait plus vite pour moi, et j’aimais cette accélération. Et je me suis beaucoup amusée avec mes blogroll-manias.
Et puis quoi… suivez mon regard vers la bannière de ce blog !
Mais la vie n’étant décidément pas un long fleuve tranquille, Eperdue est tombée le nez dans la flaque a fait ce pour quoi la nature l’a dotée d’une coquille : elle s’y est réfugiée pour digérer un os un peu plus indigeste que les autres, qui cependant une fois métabolisé, aura toutes sortes de vertus solidifiantes pour soutenir l’inévitable adversité.
Conséquences : statufaction, sourde oreille autant que possible se fasse aux messages téléphoniques, absence d’ouverture du PC, ou a minima vague relevage de mails « urgents », et réponses évasives et – pour une fois – brèves (!)… L’énergie vitale s’en était allée ailleurs, allez savoir où. Pour ne pas laisser le lecteur dans une douloureuse expectative, je ne le rassurerai pas en lui disant que j’ai moi-même été revisiter le Grand trou, et toute énergie curieuse du vaste monde anéantie dans les mêmes boues. Noyées, asphyxiées. Mais pas oubliées. J’avais d’autres combats à mener, ailleurs qu’ici, priorité absolue. Secret défense. Raison d’État.
Cette désertion me désole : peut être seulement une transition ? J’avais prévenu ! (Voir en haut à gauche dans mon discours de bienvenue).
Elle trouve aussi sa cause dans la blogroll : j’ai dans mon générateur de flux Netvibes une catégorie « blogamis », ceux que je vais voir en premier. Choix éminemment subjectifs bien entendu, l'affectif surpassant souvent l'intellect chez moi. Même dans ceux là, j’ai du mal, et certains vont glisser dans la catégorie « à visiter » parce qu’ils publient multi-quotidiennement, et que je ne peux pas « suivre ». Et je ne parle pas des 9 autres onglets : je ne suis plus. Pour paraphraser honteusement mon commentaire de ce matin sur un blogami : à ce rythme (de la technologie, de ma lenteur à digérer mon [existence] quotidien, et de la vie des autres en général) j'envisage la suppression de tous mes fils RSS... (je ne « suis » plus non plus. Enfin je précise : « suis » de « suivre », parce que d' « être » ça, je sais de moins en moins.)
Et sur ce générateur de flux sursaturé (et dont je crains que la capacité ne soit illimitée), j’avoisine les 600 billets non encore « lus », ou en tout cas « vérifiés », ce qui en dit long sur mon manque de discernement, la gourmandise qui fut la mienne ! Il y a décalage entre certains de mes besoins (lents) et le rythme et le foisonnement du net, qui – paradoxe ! - fait bien écho à tout ce que j’aime dans mon propre foisonnement. Besoin de discipliner mon inusable addiction à la toile, faire une bonne balance entre dépendances qui mettent un peu de douceur dans mon monde de brutes, et dépendances qui me font éviter tout le reste : des constructions de sens un peu plus socialement palpables (pfff).
En visitant l’un des sites supprimés de ses flux favoris, par le Hibou philosophe (vous suivez ? L’onglet : « blogamis »), je me dis que finalement, j'aime bien les blogs « lents », voire arrêtés. Lorsque j’y reviens, j’ai la surprise de ne pas être sûre de découvrir une nouvelle note, photo ou réflexion, oiseuse drôle et/ou philosophique – donc : même pas sûr, juste vérifier pour me rassurer que la vie ne va pas plus vite que moi, ce qui est généralement l’un des constats les plus confondants de ma vie. Du coup, (et pour me répéter) j’ai le temps de retourner à mon propre néant à ma propre vie, je ne suis pas « convoquée » par quelque nouveauté plus ou moins fascinante de « l’autre » - toujours addictive, si je pars de l’axiome : quand je m’occupe de l’autre je ne m’occupe pas de moi, et j’adore ça ! Et plus précisément : quand je suis sur les blogs des autres, et même sur le mien, je ne m’occupe pas de ce qui pourrait faire avancer ma vie, en quelque sorte « j’é-vite » de vivre vu que vivre vite je ne sais pas ! Voilà, écrire, si cela m’aide incontestablement à exister, m’aide aussi à éviter de regarder ce que j’ai du mal à mettre en œuvre ailleurs. Ce qui m’amène à songer qu’il y a écrire et écrire, et un temps pour que ça me soit utile et un temps pour que cela me permette de me perdre… mais là, je me [vous] perds !
Donc, je me suspecte d’avoir, outre les coups du sort – d’autres priorités que de passer des heures à zoner sur la toile, même si c’est l’un de mes passe-temps favoris !
D’abord je ne renonce pas à l’entreprise de « lire » des « livres » (en papier), qui si certains s’empilent (et non pas « s’épilent » comme je viens de l’écrire) chez moi en ayant pour fonction essentielle de prendre la poussière, d’autres ont tendance à voir leurs titres s’accumuler sur des listes de vœux pieux. Car (et malgré que) ni mes moyens financiers ni ma disponibilité de concentration intellectuelle ne suivent…
Ensuite, il se trouve que je sors à peine d’un séminaire de trois jours de philosophie phénoménologique, en gros d’Héraclite à Heidegger, en passant par Platon, Descartes, Nietzsche et Husserl, pour préparer une 2e session sur Heidegger… et que je viens tout juste de recevoir le mail auquel sont liés les 50 pages du léger « digest » de ces trois jours, la liste des 50 titres d’ouvrages philosophiques et quelques sites recommandés par nos très sympathiques formateurs-philosophes. Je recherche en vain le câble pour transférer sur mon PC les quelques heures d’enregistrements de mon dictaphone, et j’ai l’ambition de retranscrire mes 32 pages de notes de cette fin de semaine ainsi que celles de mes 4 ou 5 derniers séminaires théoriques et pratiques de l'année passée, dont… Narcisse !
Voilà le programme, sans compter l'association que je suis sensée créer, les clients que je suis sensée recevoir et toutes les démarches [que je ne fais pas] visant à maintenir ma situation juste en dessous du… de… : avec quoi je vais manger d’ici la faim du moi la fin du mois !?
Pour me consoler, je m’en vais in petto sortir Théo et retourner à la lecture de Mary Higgins Clark qu’une amie a imprudemment oublié chez moi l’autre jour, puis m'asseoir devant ma Télé.
Faut pas déconner.
15:22 Publié dans Blog, Ne pas perdre le fil, Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, actualité, journal-intime, web
13 mars 2008
Demandez l'programme pendant l'entre-acte : Blogroll-mania 5
En tracte et En vrac
¤ Au programme du silence à prévoir ici à contre coeur,
parce que je me plais beaucoup dans ce web que je découvre. Et je n'écris pas que pour toutes ces bonnes raisons préconisées pour « un meilleur blogging » (blog que je n'ai pas eu le temps d'investiguer sérieusement, mais merci à Eric pour cet envoi).
¤ Ces derniers jours j'écris tard le soir,
« j'ai rendez-vous avec vous » ? et la fatigue me condamne à ne pas mettre en forme mes textes ; cela contrarie mes ambitions. (Et à ce rythme de videos irrésistibles, je vais épuiser ma capacité dipso ici).
¤ Au programme pour moi : un colloque majeur de trois jours à partir de vendredi, rassemblant tous les courants Français de la mouvance dans laquelle je me forme.
¤ Je ne suis qu'une copieuse curieuse, et je reprend la même photo (aperçue chez qui ?) trouvée sur ce site que je vous recommande pour son somptueux esthétisme coloré : une bibliothèque dont les livres sont classés par couleurs, ça me rappelle Bécassine, pas vous ? Et, simplement, ça m'enchante... à déguster, bien d'autres merveilles colorées...
¤ Des tentatives de lectures parfois laborieuses, parce que pas assez "disponible".
¤ Le Six35 JT du web de ce soir (à droite), un débat sur l'avenir du livre et de la presse et toujours des petites surprises.
¤ Une « relation » professionnelle et associative qui s'acharne carrément un peu sur moi, ce qui m'a bien secouée (rester debout, ne pas céder à la tentation de disparaître ni de démissionner). J'ai tremblé devant attrappé mon téléphone et nous avons commencé à nous expliquer, c'est encore explosif, question d'alchimie. Vivre un conflit ouvert et grandir avec, voilà bien quelque chose dont je ne me serais pas crue capable il y a encore quelques semaines ! (Je suis soutenue). Mais je reste debout, et ça, c'est la meilleure surprise de mon programme !
¤ Et puis aussi le constat consternant : c'est trois appartements voisins que j'ai finalement inondé avec ma douche... Et toutes ces intrusions chez moi, le carreleur maudit, ces experts, syndic et autres assureurs depuis un mois. Ne pas céder à la panique : comment assumer les travaux ? Et à côté de cela, le cadeau : le voisin d'en face, impliqué dans les infiltrations et pro du bâtiment a colmaté les joints de ma douche ce soir. Gracieusement...
¤ En même temps que j'écris, un docu sur France2 (oui : encore !) sur le surmenage professionnel et la souffrance psychologique, abus et humiliations, dépressions, et pire (ceux qui ont failli y laisser leur vie).
¤ Grosse journée de travail (mon jeudi professionnel qui m'aide à attendre les clients, parce que je reste dans le bain).
¤ Ce mail reçu d'une consoeur à l'instant : « un blogueur canadien [aurait] démontré il y a quelques temps que si le site Google était Noir sur fond blanc, on pourrait économiser 750 mégawatts-heures par an, soit toute l'énergie produite par 1000 petites éoliennes ou par 26 turbines du barrage des Trois Gorges en Chine. Cette économie est dûe au fait que les pixels blancs nécessitent plus d'énergie que les pixels
noirs pour s'afficher sur vos écrans. Suite à cette démonstration, un nouveau moteur de recherches noir est né, Écogle, moteur de recherches qui utilise toutes les données de Google.fr »
¤ La galerie Bonobo, annoncée dans la newsletter de Philippe de Jonckheere, lui même auteur - notamment ! - d'une série de ses 365 photos quotidiennes.
¤ Encore un petit lien avant de mettre Eperdue en sommeil : Sploune m'a envoyé celui-ci hier, pas eu le temps non plus vraiment de l'investiguer, il y a du contenu, et déjà il arbore ceci en prologue :
« Lorsqu'un seul homme rêve ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes
rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité » Hundertwasser
Bonne fin de semaine pleine de rêves réalistes et utopiques !
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12 mars 2008
Un SDF candidat aux municipales à Paris
Vous l'avez peut être croisé ? Jean-Marc Restoux, un SDF, RMiste s’est porté candidat aux élections municipales de Paris, dans le 6e arrondissement. Il a recueilli 3,73 % de voix, « presque autant que les Verts »… « Ça m'a couté 1500 € et avec mon RMI je vais avoir du mal à boucher le trou » (France2, le JT de 20h ce soir).
J’avais déjà aperçu cette trogne insolite chez le Hibou Philosophe (l'affiche électorale), et j’avais plaisanté sur sa tête de prophète cacochyme, je le regrette un peu. Je ne savais pas. Dommage qu’on ne lui ait fait de la pub à la TV qu’après le 1er tour. Le site Le mague se fait largement l'écho de cette initiative. Très belle photo sur ce site -->
En cherchant plus d'infos sur Google, je vois par le nombre de liens que cet homme qui n'a pas baissé les bras a fait couler de l'huile de claviers :
Voir encore ici, une autre vidéo que celle-ci :
et celle-ci aussi, peut être encore plus savoureuse et émouvante.
Je me suis bien dérobée à l'étrange questionnaire. Merci Jean-Marc, toi qui es à nouveau à la rue...
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08 mars 2008
Hier, aujourd'hui et demain
Aujourd'hui et demain, lever aux aurores : en stage. Ce soir, au lieu de rejoindre ma couette, je viens trainer un peu ici...
Demain, ou après demain, je ferai une petit patch work de photos de jonquilles et de Théo #massacre à la tondeuse# ça sera je pense sur mon cagibi à côté dont l'hébergeur m'octroie plus de volume de stockage qu'ici à ce que j'imagine.
Demain, comme j'ai une
carte d'électeur toute neuve
- dont je suis étrangement fière - j'irai voter en soirée. C'est un évènement : je n'ai pas voté depuis quelques décennies. Mon univers personnel était si bouleversé que la vie publique m'apparaissait à des années lumière en terme de préoccupations... Quand on est au niveau de la survie, on s'isole et la société ça n'est plus une réalité mais une phobie.
Aujourd'hui et demain, et j'espère après demain, je goûterai à nouveau des plaisirs moins solitaires que mes collections de tortues.
Oui, la gauche vue de mars ça n'est pas mal finalement... J'étais restée coincée sur mars, mais je voyais mal, je manquais d'air, et pas de longue vue : au ras du sol, on voit mal. Je fais confiance à - et je lis avec intérêt et curiosité - ceux qui ont plus de recul ;-)
22:15 Publié dans Actualité, Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, politique, information, actualité, journal-intime





