04 avril 2008
Fin
Ce blog prend fin ici, probablement...
Il est une vérité vraie que j'ai déjà éprouvée et vérifiée : un vrai « non », ouvre toujours à un vrai « OUI » dans la vie. Ça n'est jamais facile, mais c'est le prix à payer pour avancer, ou peut être bien pour une liberté exigeante. Les renoncements.
Je ferme ce blog... et si j'allais à la pêche aux explications j'en trouverais, mais je ne suis pas sûre qu'il y en ait. Parce que c'est juste un sentiment profond, j'ai ce goût là depuis quelques jours aux tripes, et ce matin c'est devenu une évidence. Alors disons : peut être parce que je crois que je gâche quelque chose, de l'énergie mal distribuée notamment, et que je m'empêche d'être là où je devrais être. Où ? Aucune idée. C'est la tâche à laquelle je compte m'atteler. Ce blog a été créé à un moment de crise personnelle, il a fait son chemin, rempli sa fonction et en cela n'a plus de raison d'être, ça ne serait qu'approximations, évitements et simulation. J'ai du mal en matière de compromis boiteux.
Petite réflexion que je me faisais l'autre jour (le 1er avril !) qui n'a rien à voir, mais que j'avais besoin de rapporter ici, juste avant : Nous faisons tous semblant d'exister, et certains d'entre nous y sont plus habiles. Je ne suis pas de ceux là. Là où j'existe cela ne se voit pas, ne se dit pas : cela s'éprouve et ça n'est pas confortable. Certains très rares le partagent avec moi, et c'est indicible.
Voilà. Ceux chez qui j'ai commenté ont mon mail, et j'ai un autre lieu sur la toile. Dont je ne sais d'ailleurs pas encore si je le laisse ouvert ou pas, mais on peut encore venir m'y saluer publiquement, en cas d'envie saugrenue (il est encore vierge de tout commentaire : encore un néant non apprivoisé !).
Merci - sincèrement - à ceux qui ont accompagné cette petite aventure, pour que ça soit un plaisir et une aide, et qu'il y ait de la joie, des découvertes, de la vie et de la curiosité partagées.
PS : je me laisse 24 heures, ou peut être moins, ou peut être plus ? pour fermer ce lieu.
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31 mars 2008
Silence, on tourne ailleurs
Au lecteur désoeuvré qui atterrirait encore ici, probablement par accident, ou par quelque inexplicable fidélité amicale et distraite, et conséquemment au long silence qui a sévi ici, je vais dévoiler (?) quelques éléments de mon absence sur la toile et plus particulièrement de ce blog.
Il y a comme une sorte de pression tyrannique de « la publication » à laquelle je me suis finalement soumise à l'insu de mon plein gré (et ça n’était pas la 1ère fois !). Car selon la Législation du blog moribond, qui dit « blog mort » dit « perte de lectorat »… et ça, je ne voulais pas non plus, j’étais en train de m’ouvrir à toutes sortes de curiosités (pour ne pas dire pompeusement « au monde ») et j’avais besoin de me sentir faire partie de ce mouvement. Et puis ça allait plus vite pour moi, et j’aimais cette accélération. Et je me suis beaucoup amusée avec mes blogroll-manias.
Et puis quoi… suivez mon regard vers la bannière de ce blog !
Mais la vie n’étant décidément pas un long fleuve tranquille, Eperdue est tombée le nez dans la flaque a fait ce pour quoi la nature l’a dotée d’une coquille : elle s’y est réfugiée pour digérer un os un peu plus indigeste que les autres, qui cependant une fois métabolisé, aura toutes sortes de vertus solidifiantes pour soutenir l’inévitable adversité.
Conséquences : statufaction, sourde oreille autant que possible se fasse aux messages téléphoniques, absence d’ouverture du PC, ou a minima vague relevage de mails « urgents », et réponses évasives et – pour une fois – brèves (!)… L’énergie vitale s’en était allée ailleurs, allez savoir où. Pour ne pas laisser le lecteur dans une douloureuse expectative, je ne le rassurerai pas en lui disant que j’ai moi-même été revisiter le Grand trou, et toute énergie curieuse du vaste monde anéantie dans les mêmes boues. Noyées, asphyxiées. Mais pas oubliées. J’avais d’autres combats à mener, ailleurs qu’ici, priorité absolue. Secret défense. Raison d’État.
Cette désertion me désole : peut être seulement une transition ? J’avais prévenu ! (Voir en haut à gauche dans mon discours de bienvenue).
Elle trouve aussi sa cause dans la blogroll : j’ai dans mon générateur de flux Netvibes une catégorie « blogamis », ceux que je vais voir en premier. Choix éminemment subjectifs bien entendu, l'affectif surpassant souvent l'intellect chez moi. Même dans ceux là, j’ai du mal, et certains vont glisser dans la catégorie « à visiter » parce qu’ils publient multi-quotidiennement, et que je ne peux pas « suivre ». Et je ne parle pas des 9 autres onglets : je ne suis plus. Pour paraphraser honteusement mon commentaire de ce matin sur un blogami : à ce rythme (de la technologie, de ma lenteur à digérer mon [existence] quotidien, et de la vie des autres en général) j'envisage la suppression de tous mes fils RSS... (je ne « suis » plus non plus. Enfin je précise : « suis » de « suivre », parce que d' « être » ça, je sais de moins en moins.)
Et sur ce générateur de flux sursaturé (et dont je crains que la capacité ne soit illimitée), j’avoisine les 600 billets non encore « lus », ou en tout cas « vérifiés », ce qui en dit long sur mon manque de discernement, la gourmandise qui fut la mienne ! Il y a décalage entre certains de mes besoins (lents) et le rythme et le foisonnement du net, qui – paradoxe ! - fait bien écho à tout ce que j’aime dans mon propre foisonnement. Besoin de discipliner mon inusable addiction à la toile, faire une bonne balance entre dépendances qui mettent un peu de douceur dans mon monde de brutes, et dépendances qui me font éviter tout le reste : des constructions de sens un peu plus socialement palpables (pfff).
En visitant l’un des sites supprimés de ses flux favoris, par le Hibou philosophe (vous suivez ? L’onglet : « blogamis »), je me dis que finalement, j'aime bien les blogs « lents », voire arrêtés. Lorsque j’y reviens, j’ai la surprise de ne pas être sûre de découvrir une nouvelle note, photo ou réflexion, oiseuse drôle et/ou philosophique – donc : même pas sûr, juste vérifier pour me rassurer que la vie ne va pas plus vite que moi, ce qui est généralement l’un des constats les plus confondants de ma vie. Du coup, (et pour me répéter) j’ai le temps de retourner à mon propre néant à ma propre vie, je ne suis pas « convoquée » par quelque nouveauté plus ou moins fascinante de « l’autre » - toujours addictive, si je pars de l’axiome : quand je m’occupe de l’autre je ne m’occupe pas de moi, et j’adore ça ! Et plus précisément : quand je suis sur les blogs des autres, et même sur le mien, je ne m’occupe pas de ce qui pourrait faire avancer ma vie, en quelque sorte « j’é-vite » de vivre vu que vivre vite je ne sais pas ! Voilà, écrire, si cela m’aide incontestablement à exister, m’aide aussi à éviter de regarder ce que j’ai du mal à mettre en œuvre ailleurs. Ce qui m’amène à songer qu’il y a écrire et écrire, et un temps pour que ça me soit utile et un temps pour que cela me permette de me perdre… mais là, je me [vous] perds !
Donc, je me suspecte d’avoir, outre les coups du sort – d’autres priorités que de passer des heures à zoner sur la toile, même si c’est l’un de mes passe-temps favoris !
D’abord je ne renonce pas à l’entreprise de « lire » des « livres » (en papier), qui si certains s’empilent (et non pas « s’épilent » comme je viens de l’écrire) chez moi en ayant pour fonction essentielle de prendre la poussière, d’autres ont tendance à voir leurs titres s’accumuler sur des listes de vœux pieux. Car (et malgré que) ni mes moyens financiers ni ma disponibilité de concentration intellectuelle ne suivent…
Ensuite, il se trouve que je sors à peine d’un séminaire de trois jours de philosophie phénoménologique, en gros d’Héraclite à Heidegger, en passant par Platon, Descartes, Nietzsche et Husserl, pour préparer une 2e session sur Heidegger… et que je viens tout juste de recevoir le mail auquel sont liés les 50 pages du léger « digest » de ces trois jours, la liste des 50 titres d’ouvrages philosophiques et quelques sites recommandés par nos très sympathiques formateurs-philosophes. Je recherche en vain le câble pour transférer sur mon PC les quelques heures d’enregistrements de mon dictaphone, et j’ai l’ambition de retranscrire mes 32 pages de notes de cette fin de semaine ainsi que celles de mes 4 ou 5 derniers séminaires théoriques et pratiques de l'année passée, dont… Narcisse !
Voilà le programme, sans compter l'association que je suis sensée créer, les clients que je suis sensée recevoir et toutes les démarches [que je ne fais pas] visant à maintenir ma situation juste en dessous du… de… : avec quoi je vais manger d’ici la faim du moi la fin du mois !?
Pour me consoler, je m’en vais in petto sortir Théo et retourner à la lecture de Mary Higgins Clark qu’une amie a imprudemment oublié chez moi l’autre jour, puis m'asseoir devant ma Télé.
Faut pas déconner.
15:22 Publié dans Blog, Ne pas perdre le fil, Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, actualité, journal-intime, web
19 mars 2008
L'abri dérisoire
Je vais donc me prêter à cet étrange questionnaire (billet suivant). La démarche est d'autant plus étrange que j'ai développé une allergie aux questionnaires, parce qu'il faut rentrer dans des cases et que pour avoir subi cela dans certaines institutions de notre beau pays, j'en suis désormais définitivement incapable ; celui ci est suffisamment aléatoire pour que je tente de faire semblant de ne pas parler de moi...
22:11 Publié dans Blog, Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture, météo, marine
13 mars 2008
Demandez l'programme pendant l'entre-acte : Blogroll-mania 5
En tracte et En vrac
¤ Au programme du silence à prévoir ici à contre coeur,
parce que je me plais beaucoup dans ce web que je découvre. Et je n'écris pas que pour toutes ces bonnes raisons préconisées pour « un meilleur blogging » (blog que je n'ai pas eu le temps d'investiguer sérieusement, mais merci à Eric pour cet envoi).
¤ Ces derniers jours j'écris tard le soir,
« j'ai rendez-vous avec vous » ? et la fatigue me condamne à ne pas mettre en forme mes textes ; cela contrarie mes ambitions. (Et à ce rythme de videos irrésistibles, je vais épuiser ma capacité dipso ici).
¤ Au programme pour moi : un colloque majeur de trois jours à partir de vendredi, rassemblant tous les courants Français de la mouvance dans laquelle je me forme.
¤ Je ne suis qu'une copieuse curieuse, et je reprend la même photo (aperçue chez qui ?) trouvée sur ce site que je vous recommande pour son somptueux esthétisme coloré : une bibliothèque dont les livres sont classés par couleurs, ça me rappelle Bécassine, pas vous ? Et, simplement, ça m'enchante... à déguster, bien d'autres merveilles colorées...
¤ Des tentatives de lectures parfois laborieuses, parce que pas assez "disponible".
¤ Le Six35 JT du web de ce soir (à droite), un débat sur l'avenir du livre et de la presse et toujours des petites surprises.
¤ Une « relation » professionnelle et associative qui s'acharne carrément un peu sur moi, ce qui m'a bien secouée (rester debout, ne pas céder à la tentation de disparaître ni de démissionner). J'ai tremblé devant attrappé mon téléphone et nous avons commencé à nous expliquer, c'est encore explosif, question d'alchimie. Vivre un conflit ouvert et grandir avec, voilà bien quelque chose dont je ne me serais pas crue capable il y a encore quelques semaines ! (Je suis soutenue). Mais je reste debout, et ça, c'est la meilleure surprise de mon programme !
¤ Et puis aussi le constat consternant : c'est trois appartements voisins que j'ai finalement inondé avec ma douche... Et toutes ces intrusions chez moi, le carreleur maudit, ces experts, syndic et autres assureurs depuis un mois. Ne pas céder à la panique : comment assumer les travaux ? Et à côté de cela, le cadeau : le voisin d'en face, impliqué dans les infiltrations et pro du bâtiment a colmaté les joints de ma douche ce soir. Gracieusement...
¤ En même temps que j'écris, un docu sur France2 (oui : encore !) sur le surmenage professionnel et la souffrance psychologique, abus et humiliations, dépressions, et pire (ceux qui ont failli y laisser leur vie).
¤ Grosse journée de travail (mon jeudi professionnel qui m'aide à attendre les clients, parce que je reste dans le bain).
¤ Ce mail reçu d'une consoeur à l'instant : « un blogueur canadien [aurait] démontré il y a quelques temps que si le site Google était Noir sur fond blanc, on pourrait économiser 750 mégawatts-heures par an, soit toute l'énergie produite par 1000 petites éoliennes ou par 26 turbines du barrage des Trois Gorges en Chine. Cette économie est dûe au fait que les pixels blancs nécessitent plus d'énergie que les pixels
noirs pour s'afficher sur vos écrans. Suite à cette démonstration, un nouveau moteur de recherches noir est né, Écogle, moteur de recherches qui utilise toutes les données de Google.fr »
¤ La galerie Bonobo, annoncée dans la newsletter de Philippe de Jonckheere, lui même auteur - notamment ! - d'une série de ses 365 photos quotidiennes.
¤ Encore un petit lien avant de mettre Eperdue en sommeil : Sploune m'a envoyé celui-ci hier, pas eu le temps non plus vraiment de l'investiguer, il y a du contenu, et déjà il arbore ceci en prologue :
« Lorsqu'un seul homme rêve ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes
rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité » Hundertwasser
Bonne fin de semaine pleine de rêves réalistes et utopiques !
23:30 Publié dans Actualité, Blog, Ne pas perdre le fil, Ratiocinations, Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, information, actualité, journal-intime, web, écologie, écologie-politique
28 février 2008
Le JT du web chez Éperdue
Le « six35 » c'est le tout premier JT du web : d’une dizaine de minutes, il se veut « participatif, alternatif, gratuit, citoyen et politique ». J'ajouterais un peu de dérision, un esprit libre, de l'actualité... Visible en plein écran ici (et puis chez moi l'image est toute riquiqui). Chez moi c'est en bas à droite (sous l'album Théo), vous pouvez dès maintenant (et à tout moment) visionner le numéro 8 du six35 tout chaud de ce soir, dernière édition de cette version "1" et hors série, avant refonte du concept et investigations sur l'avenir des médias. Présentation plus détaillée sur six35.fr . Vous y trouverez plus de précisions sur le contenu de ce numéro 8, les intervenants réunis et quelques best off. Ne ratez pas la chanteuse à la fin... Contact : contact@six35.fr
De mon côté, mon baromètre c'est que je continue de me remettre doucement, ça m'a réellement abattue.
Mine de rien et malgré ça, je mijote une nouvelle composition de mon cru, plutôt visuelle. Je pressens que je vais rencontrer des obstacles techniques... Je manque d'outils graphiques sur mon PC (ça c'est le prétexte). Un collage, alors ? Sais pas encore.
J'aurai peu de temps jusqu'à dimanche matin : je pars me mettre quelques jours au vert, dormir dans le silence, la paix et les seules étoiles comme lueurs dans la nuit, lire à gogo sous le regard des taupes, travailler, jardiner (!) et respirer l'odeur de la terre, offrir à Théo de grands espaces, le remerciant ainsi de sa patience et de sa fidélité : il le mérite bien, à force de dormir
d'ennui toute la journée. Il aura peut être même droit à une coup'tiffe « maison » comme la dernière fois ! Résultat totalement imprévisible...

Actuellement, il est chifouillou
<-- comme ça.
23:55 Publié dans Blog, Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, politique, information, actualité, médias
23 février 2008
Bugs en plâtre
À noter
J'ai récupéré le titre initial du verso de mon miroir, cet autre chez moi, celui où je me dédouble dans l'écriture.
Ce changement s'opère pour des raisons impératives et néanmoins excellentes.
@
Il y a eu des bugs.
Du sable, voire des gravats, dans les rouages de la machine à créer qui commençait à me donner tant de plaisir, cette ouverture de tant de possibles et tous ces petits et grands bonheurs qui s'offrent à moi, que mes yeux et mon coeur sont capables d'enregistrer, et qui me font aller de l'avant. Une sorte d'accélération dans mon existance.
Il y a de la confusion depuis hier. Dans mon contexte récent, où je sors ma tête de la carapace, ça a sur moi un effet terriblement frustrant.
D'abord ma fille a décidé de ne pas venir passer le WE ici et ça m'a blessée peinée. Hier je me suis réconfortée tant bien que mal en abordant compulsivement 30 nouveaux sites & blogs (au moins), et en animant le groupe d'ados du vendredi soir. Et me disant : je vais profiter du calme, pas d'attaque brutale du monstre de Baki, 35kg de muscles exubérants et d'affection baveuse, ni d'ados perfusés à la PS2 + TV + TNT + Coca + Kebab + téléphone + Skyrock et autres bruyants assomoirs, envahissant mon fragile repère...
Ce matin, comme toujours pas fraîche et pas pimpante, j'avais décidé d'en finir avec le polar de Fred Vargas, puis de m'attaquer aux deux billets que j'ai sous le coude depuis quelques jours : traces d'une conférence sur les ateliers
d'écriture et éloge d'une lecture, tous deux essentiels pour moi. Je me voyais aussi entreprendre la très innovante démarche de sortir le chien, puis remonter les 3 étages et ressortir - sans le chien et sans même y être contrainte par autrui ! - pour me rendre à la bibliothèque et y aborder quelques auteurs de vraie littérature : Roland Barthes (merci au Solitaire rature dont le dernier billet m'a particulièrement concernée), Simone de Beauvoir (grâce à Spleen), et quelques autres.
J'avais aussi prévu quelques liens sympas à partager dans une blogroll-mania number 3.
Que nenni, rien de tout cela.
Erreur fatale, ce matin m'a pris l'idée dangereuse d'aller dans ma boîte à tiroirs en carton pleine à craquer de photos du passé, et que je me suis fait un trip très mitigé d'émotions... le temps qui passe, la haine pour l'ex mari, l'attendrissement devant mes enfants petits, ces événements fixés sur ces rectangles argentiques qui dormaient là, désactivés, l'oubli les ayant rendus inoffensifs au fond de leurs pochettes ou en vrac : le bordel de la chambre de mon fils ado... qui ne l'est plus depuis longtemps, moi jeune, belle et mince, puis moins jeune et moins mince mais habillée comme si je me croyais obèse, des gens partis, des amis oubliés, des vacances pas si heureuses avec mon regard d'aujourd'hui, mon ancien appart (25 ans de vie, de combats et de courageuse résistance contre les courants mauvais)... Ces déferlantes de souvenirs pas forcément opportuns, que je figeais sur la pellicule pour tenter de vivre les choses à ma façon.
Le hic c'est que j'avais entrepris cette hasardeuse démarche en attendant un artisan carreleur, dans le but de résorber les sources d'infiltrations d'humidité chez le voisin de palier, et que toute intrusion dans mon antre est pour moi un stress intense...
Arrivée du carreleur incriminé. Passablement rugueux le bonhomme, il n'en fait qu'à sa tête (et je le soupçonne d'être moyennement honnête), je me sens impuissante à lutter contre sa mauvaise foi bourrue. Durant sa bruyante industrie, j'essaye de m'isoler du nuage blanc opaque. Il s'est aussi mis en tête de réparer un interrupteur encastré dans le carrelage sans mon avis (et pour cause, la lumière au plafond ne marche plus depuis 5 ans) : j'ai donc dû éteindre le courant (et tous les onglets ouverts sur Firefox en l'attente de brillants commentaires) et quand il est revenu [le courant], seule la lumière des ampoules s'est rallumée mais pas celle de mes synapses. Je suis restée un peu prostrée, assise de guingois devant mon PC, entre deux hésitations et un état désagréable à zoner sans rien produire...
Constat à 21h : l'intrus ayant sévi, tout l'appartement est recouvert d'une couche blanche tenace, et ici même, malgré la porte fermée, les touches du clavier sont devenues légèrement blanchâtres et mon sacro saint bureau comme le reste ! Mes mains - suite à quelques déblayages d'urgence - sont irrémédiablement râpeuses de plâtre, les verres de mes lunettes s'opacifient au fur et à mesure que je les nettoie, et même mes cheveux lavés ce matin sont en carton. La cuisine ressemble à une cave qui aurait essuyé un bombardement, le sèche linge tout neuf (celui qui m'a été offert la veille de la panne du lave linge) a pris un coup de vieux, c'est pas parce qu'il sert à rien qu'il faut le massacrer.
Demain, je vais être contrainte à épuiser mon quota biennal de ménage... Consternation.
Et en attendant, malédiction récurrente et mal venue, le programme TV, seul capable de m'engloutir dans l'oubli est accablant.
Ça fait beaucoup pour une blogueuse éperdue.
Demain, après l'aspirateur, la serpillière, le chiffon et l'éponge et si je ne trépasse pas asphyxiée dans mon sommeil (je ne dispose d'aucun masque à gaz), je reprends espoir m'y remets !
23:35 Publié dans Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, écriture, blog
23 janvier 2008
Jette l’ancre, moussaillon
Faire escale dans ma petite crique quelques instants.
Pour donner de mes nouvelles ici, ma nature perfectionniste me poussant : publier et y passer quelques heures – voire une journée -, ou bien je n'écris rien. Accéder à un juste milieu ?
Hélas, depuis [l'ouverture de l'abîme], j’ai lu que pour avoir des lecteurs (puisque j'ai envie d'être lue) il faut :
- Poster beaucoup,
- Commenter ailleurs,
- Mettre des liens dans les textes, qui renvoient sur d’autres infos,
- Mettre des liens vers d’autres blogs,
- Echanger avec des milliers d'autres blogueurs,
- Insérer des trucs style RSS et Tags et Flux, auxquels je ne pige rien,
- S'inscrire sur Facebook,
- Exister en même temps
- Et des choses encore bien plus obscures... (comme être patiente par exemple)
... l’entreprise prend forcément du temps. Je devrais m’accorder que j’ai le droit de ne pas Tout Faire d’un seul coup ! °_O
Oui, mais l'avocate implacable de l'Eperdue ici présente rétorque : Eperdue a besoin d'écrire pour se sentir Exister !
Seulement voilà : incroyable. Dans ma vie que je vis tous les jours, je-n'ai-pas-le-temps. Ça court dans tous les sens, je me sens... comme une feuille éperdue, emportée par des vents tournants. Mais c'est mon légendaire manque de recul qui me fait dire qu'ils sont tournants... car si j'y pose un regard un tout petit peu distancié, c’est un vent d’ouest bienfaisant qui me porte en avant, ce ne sont que rencontres, retrouvailles, réflexions avec amis et collègues, appels et mails d’amies qui me font des propositions de lieux, de clients et de collaboration, initiatives, impulsions, démarches et autres « machins » (je ne sais pas le vocable approprié) qui me font avancer soudain.
Mais mon lecteur averti (moi, donc), se souvient qu’avancer, dans mon système, ça équivaut à : vitesse supersonique, tourbillon et légère panique permanente ! Je rappelle que mon économie tortuesque est plutôt à l'immobilité et à la paralysie.
Donc affolement permanent, avec une variabilité d’intensité.
Plus le temps de me poser dans mon « Dedans » ou devant ma TV aussi longtemps que cela me semblait nécessaire (TV dont je n’ai d’ailleurs toujours pas raconté ici, mon ineffable addiction).
Depuis La conférence, les choses se précipitent, plus le temps d’atterrir (synonyme pour moi : de m’enterrer).
- Après le plombier (2 visites, un devis et une intervention à prévoir), les travaux du menuisier (même pas cher !) et super efficace, le carreleur est passé... objectif : résoudre un conflit de fuites dans l'immeubles sensément provoqués par manque d'étanchéïté de ma douche et de celle de 2 de mes voisins (vous y croyez, tout ça ?).
- Avant hier j'ai prêté mes yeux à un hotliner téléphonique pour le PC en rade de ma Fée-Voir (puisqu'elle est non voyante). Un après midi, après la séance corporelle avec elle. Puis discussion autour d’une refonte provisoire de sa plaquette que l’on me réclame ailleurs.
- Hier j'ai été avec deux gars pour lesquels j'ai beaucoup de tendresse, JP et D., faire un safari banque - près de chez moi - pour trouver celle qui ne nous ferait pas de frais de gestion de compte (presque tous des voleurs) ! pour ouvrir un compte pour l'association de thérapeutes dont D. est président et moi trésorière (!). A la Bred c'est gratuit, qu'on se le dise !
- J'ai repris le travail sur les statuts de ma propre association. Mes deux compères vont d'ailleurs s'en inspirer (traduire leur servir d'esclave consentante et faire le travail à leur place) pour la leur propre. La journée a été très joyeuse, malgré ma panique anticipatrice… Je les ai reçus dans ma caverne !! Nous avons avancé sur plusieurs autres points, plaisanté, beaucoup ri et été émus. D., que j'aime de tendresse, a aimé mon "bureau".
- JP, que j'aime autrement, est resté jusqu’à 21h30, et je lui ai lu certains de mes écrits préférés : c’est un plaisir encore plus frissonnant que de partager l’écrit, sous le regard de l'autre, la beauté du partage de l'émotion, d’y mettre toutes les tonalités que je mets en mon âme en l’écrivant et que parfois les mots n’ont pas (encore !) réussi à traduire. C’est ainsi que j’ai constaté qu’il me faudrait retravailler sur « La tortue spéciale » et un autre conte métaphorique. C’étaient de ma jeunesse de scribouillarde, c’était écrit il y a deux ans… Mais ça vient encore alimenter ma réflexion sur mon écriture – ma créativité - sur laquelle j’ambitionne d’écrire, d’ailleurs. Nous avons commenté « Graines de lentilles », qui est une production très récente : la nouvelle Eperdue telle qu’elle a envie de s’apparaître…
Tout ça, me semble-t-il depuis que ma fille est partie... La Paix. Jusqu’à ce qu’elle revienne, car je ne peux pas croire que ça durera là bas, c’est sous certains aspects (promiscuité, tensions, cris, présence de son père, violences implicites, non dits) intenable chez sa grand-mère.
Voilà, je vais plus pouvoir me remettre au travail après ce bulletin : dernières retouches au flyer de Fée-Voir, (que ça a bien fait rire quand je lui ai dit son pseudo ici), mailing pour une 100e de collègues pour une manifestation de deux jours cet été, dont je suis chargée de la logistique (pfiou).
On procrastine, oui, ou non ?
Et si je ne retourne pas à ma dose quotidienne de lecture sur mon lit, je fais un malheur, ou je pète les plombs ? Je me marre toute seule en écrivant ça.
Il faut rester cohérente, malgré les vents portants…
Note Eperdue : Je viens quand même de passer une heure ici ! Les liens (hypertextes !) et renvois de ce texte vers les quatre points cardinaux, ce sera pour ce soir. Je vais donc réaliser la prouesse de bouter hors de moi le perfectionnisme tatillon et obsessionnel, que je qualifierais aujourd’hui de fourmiesque, et m’en tenir à ça.
(Point)
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20 janvier 2008
Après la Conférence
En phase de digestion de ce que j'ai vécu vendredi soir, et vraiment malade hier. Et ça n'était pas la grippe !
En phase de maturation aussi pour écrire autrement, ce qui débutera peut être par la réédition de certaines de mes nouvelles et contes, voire poèmes, sur le Nouveau blog.
Quelques thèmes aussi de nouveaux billets travaillés hors cette urgence très particulière déjà nommée ici, idées jetées précieusement dans le petit carnet, où elles pourront mûrir et trouver le bon moment pour éclore...
En attendant, j'ai récupéré de tout le "trop", en dévorant aujourd'hui le 1er d'une longue série de « rompols » de Fred Vargas que j'ai bien l'intention d'absorber pour mon plus grand plaisir.
D'autres infos sur Amazon
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19 janvier 2008
La Conférence
Avant la conférence
La peur d'être vraiment à ma place était peut être bien là.
En anticipation anxieuse de la conférence d’hier soir, il m'aura fallu quelque soutien d'outils de décontraction, m’adonner à quelques fuites - qui s’avèrent parfois créatives - annuler un engagement pris juste avant – reculer pour mieux sauter ? - pour réussir à me rendre à cette conférence. Le pari n’était pas gagné d’avance, un long combat intérieur s‘étant livré en moi : « tout annuler et rester au fond de mon lit », ou me lancer à me rendre à cet événement qui va dans le sens d’une de mes quêtes actuelles : que faire de mon envie d’écrire – sur des blogs pour l’instant – et comment, et avec qui, et dans quelle communauté d’écriture, quels éditeurs, quels ateliers, pour quelle mission humaine, quels autres thérapeutes, comment utiliser cette veine là ?
Bien que je suppose ne pas être la seule à pratiquer la procrastination, celle ci revêt chez moi des formes très sophistiquées... J'avais PEUR d'être en retard (et faisant tout pour l’être), peur de ne pas y arriver à cette conférence, peur de ce que j’allais y trouver (des fois que ça soit bien !) peur de... Alors voilà. Afin de détourner l’énergie de l’anxiété (qui pousse en avant, mène à la fuite ou paralyse, c’est selon, on le sait bien) j’ai créé un autre blog ce même après midi, agrippée obsessionnellement à mon écran, devant les énigmes très addictives chez moi des nouveaux paramètres de construction et de mise en forme (et autres obstacles irrésistibles) qui se présentent chez ce nouvel hébergeur...
Depuis longtemps je me sentais insatisfaite par l’interface graphique proposée par H&F. Depuis longtemps attirée par celle proposée par d'autres, dont il se trouve que des protagonistes de cette conférence faisaient usage.
Insatisfaite aussi de mélanger dans le même lieu virtuel journal intime et cris de douleur stupéfaits, à des textes plus élaborés et plus mis à distance…
Je ne savais même pas en écrivant cette note où j'allais poster ce billet de ce matin... Ici, sur Eperdue, identifié avec plus de précision depuis hier comme ayant fonction de « Journal intime » ou sur le nouveau dédié à l’ « écriture » ?
@_@
La conférence
Ce que j’ai entendu ce soir là m’a donné envie de lire plus de littérature, qui est une source d'inspiration et un enrichissement, envie de travailler à cette écriture, eu confirmation qu'il me manque des pistes et des billes, des « trucs », du type de ceux que Christine (amie thérapeute et animatrice d’ateliers d’écriture) m'a glissés... etc.
En l'occurence, de cette aventure nocturne, je ne raconterai que ce que « moi » j'en ai vécu... pas aisé quand ça vous a mis les tripes en vadrouille... mais ça fait partie du tableau ! Normal. Autant de gens inconnus à la fois, lieu inconnu, démarche inconnue, c'est encore beaucoup dans ma nouvelle économie de vie. Donc claquée, vidée.
Cette conférence était à la fois passionnante et déconcertante. Je n’ai pas compris grand chose à ce qu’a raconté François Bon, mais je l’ai trouvé brillant, émouvant et drôle… J’ai été impressionnée par l’exposé très posé et un peu surréaliste de Hubert Guillaud, et entièrement d’accord et très intéressée par celui plus décontracté et « bonhomme » de André Gunthert.
Mon ressenti de plus saillant ? J’ai eu mal au ventre dès que je suis arrivée dans le métro…Grand moment de solitude en arrivant dans la salle bondée d’inconnus. Incapable d'oser trouver moyen d’avaler deux Spasfon. Des Gens !? Terreur.
Mais téméraire, et courageuse je suis.
Je me suis trouvé un petit coin, sur une chaise de jardin rouge sciant mes cuisses, et j’ai écarquillé les yeux, sous un plafond mosaïque de belles photos de ville éclairées comme des diapos. Constatant finalement que je ne faisais pas « tache » dans cette assemblée pour le moins hétéroclite. J’ai bien tenté de prendre une ou 2 photos avec mon portable dans l’intention pseudo-journalistique de blogueuse soit-disant avertie, d’immortaliser ici l’instant exceptionnel, mais j’ai pas osé en prendre durant les exposés (je me serais exposée).
Vous n'y voyez rien ?
Normal, j'étais dans le brouillard...
C'était passionnant. Et un peu angoissant aussi. Trop d'univers, trop de concepts que je n'ai jamais côtoyés. C'est que ces gens là grenouillent là dedans, la littérature, l'écriture, le web et l'édition, depuis des années et ça fait partie de leur vie !
J’ai bien tenté d’échanger quelques mots avec des gens que je ne pouvais éviter de bousculer pour me déplacer à l’entracte, certains sympas, un autre pédant avec son e-book à la main.
Conclusion ? Je suis repartie avec plein de notes à partager avec mon amie initiatrice, et totalement déstabilisée. Ca n’est déjà pas une démarche simple de me sentir à ma juste place dans ma démarche hésitante d’écriture, alors là…
J’avais ouvert un abîme devant moi.
16:35 Publié dans Blog, Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ne pas perdre le fil, Ratiocinations, Vibrations | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog
09 janvier 2008
Secrète puissante
Qui a dit que la vie d’une personne handicapée ou vieillissante avait moins de valeur qu’une autre vie, simplement parce qu’elle est moins valide et peut être moins efficace ? Est-ce que la vie d’une personne âgée au crépuscule de sa vie, d’une personne aveugle, ou d’une personne dépressive ou laide aurait moins de choses à donner ou à dire, aurait moins de valeur qu’une autre pour la seule raison qu’elle semble moins utile à la société, hors du circuit consumériste? Comme s’il y avait quelque chose à prouver ? A qui ? C’est révoltant, ce message implicite. Quelle est cette pression sociale occidentale qui nous conjure de justifier de quoi nous sommes capables de produire ou de montrer, comme si la valeur intrinsèque de l’Être humain n’était pas sa seule existence ?
Comme si la valeur intrinsèque d’un humain était tributaire de sa « production » !? D’une allégeance à des lois libérales et ultra normalisantes et narcissiques.
Chaque être vivant est sacré, ma vie même en apparence inefficace (c’est moi qui le dis) est sacrée, quoi que je ne fasse pas de façon visible…
C’est moi qui œuvre à me reconnaître pour qui je suis, dans le secret. C’est moi seule qui peux oser accéder à ma puissance. Et je n’aurai rien à prouver. Juste à être avec et parmi les autres.
Car au secret de ma personne, à l’abri des regards qui peuvent tuer, je crois que j’accomplis des révolutions, des glissements telluriques, des transformations profondes. Je pose impatiemment les fondements de ce que j’ai probablement toujours eu envie de vivre, mes croyances fertiles et créatrices, mes nouvelles lois pour m’apparaître…
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Cette réflexion s'est élaborée
à partir d'une observation de ma chère Fée-Voir.
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