01 mars 2008
Éperdue dans le vert
Éperdue et certains membres de sa tribu vont s'absenter quelques jours... Il existe encore sur cette planète, des lieux coupés du monde où ni le téléphone fixe, ni la télévision ni l'internet ne sévissent... Dur dur. Mais j'ai beaucoup de travaux de lecture et de retard sur mes notes de stages, ainsi que des livres de littérature (!) et autres Simone de Beauvoir, qui vont précautionneusement m'accompagner. J'espère beaucoup avancer dans tout cela.
Je commence aussi à manquer sérieusement de sommeil, entre autres, prix à payer pour tout ce qui a surgi dans ma vie ces dernières semaines... L'absence de télé et du net va être un souverain remède. J'ai aussi à panser une tristesse tenace, et je sais du silence, des arbres, des lacs et de la terre les pouvoirs miraculeux.
A bientôt pour ne nouvelles Blogroll-mania, et autres humeurs aussi changeantes qu'imprévisiles. Merci à Solitaire rature, à Biffures chroniques, à Gasper, à Lafeuille, à Sébastien Bailly, au Hibou philosophe, à Julo pour ses dessins, à l'équipe indulgente du JT du web le six.35, à affordance.info et plus récemment (ça y est, je recommence au lieu de faire ma sieste, ce soir réunion tardive et demain départ au petit matin) : L'actu en patades par exemple, et j'en oublie tant la tête me tourne, bien d'autres pour leur proximité dans ma lancée hasardeuse au milieu de tous ces univers des blogs, de l'acu, de l'info, des innovations technologiques et presques sociologiques du web 2.0, et de l'écriture bien sûr ! ... que j'investigue follement et découvre !
17:17 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors » | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blog, écriture, nature
25 février 2008
C'est comme ça
Tiens, nouvelle interface administrateur chez H&F... Moi j'aurais modifié d'autres choses ici. Comme le temps de connexion trop bref qui oblige à sauvegarder périodiquement. La présentation du "brouillon" n'est pas conforme à la parution, et l'on n'a la vision que de ce qui est sauvegardé. Le curseur disparaît et la fenêtre de saisie est trop grande. Cela me contrarie. Mais.
C'est comme ça.
Aujourd'hui je suis dans un passage du « Dehors au Dedans ».
C'est comme ça.
Je suis juste venue ici pour dire qu'après diverses intrusions dans mon antre, et accès de honte aiguë liés à cette foutue copropriété, à ma précarité, au carreleur agressif, à ma fille, etc. mon humeur est barbouillée, triste simplement et profondément, et lasse. Quant à mon humour il s'est recroquevillé.
C'est comme ça.
J'ai appelé JP, il m'a écoutée, le chagrin s'était épaissi faute de pouvoir se vivre... La bulle a éclaté dans ses oreilles ; il me rappelle ce soir pour relever le baromètre. C'est de l'amour, ça. Chez moi, les amitiés (les vraies sont rares, quoique les relations riches fleurissent) je les vis avec de l'amour.
C'est comme ça.
Je vais mettre à profit cet état très descendu, très bas en dedans de moi pour écrire enfin ces choses moins légères que je repoussais, mais qui m'appartiennent aussi.
C'est comme ça.
Elles ne seront pas publiées ici mais à côté.
C'est comme ça.
Je m'en vais redescendre dans ma carapace. J'ai besoin de ces descentes dans cet état presque minéral, retoucher au blessé, cet archaïque apprivoisé pour m'y réchauffer, me recentrer et y puiser ainsi toute la force capable de m'habiter, pour exister avec les autres et vivre ce que j'ai à vivre.
C'est comme ça.
C'est...
18:24 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors » | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blog, écriture
09 février 2008
Lectures pubiques, écritures en atelier
- L’atelier, l’écriture, quelle fatigue, quel élan ?
C'est le 15 février prochain, qu'aura lieu la 3e rencontre proposée par remue.net, à 20 heures. Plus de précisions sur l'axe de ce débat sur le thème des ateliers d'écriture et de l'engagement et l'impact sur l'écrivain de ce partage, dans cet article sur remue.net.
Cette rencontre se situe dans la lignée de celle relatée ici, et ici, à laquelle j'ai participé. Je me rendrai à cette causerie le 15 février, puisque l'atelier d'écriture est l'un de mes questionnements actuels auxquels je n'ai pas encore de réponses. - J'ai réussi (non sans les habituelles angoisses anticipatrices) à aller assister hier soir à une lecture du livre « La vie parfaite » de Catherine Millot (psychanalyste et écrivain français, présente comme c'est le principe du festival), lectures faites dans le cadre du Festival Textes&Voix, par trois actrices : Aurore Clément, Nathalie Boutefeu et Hélène Barbu (avec laquelle j'ai discuté de façon fort spontanée à propos du trac et de la peur/envie de s'exposer et de l'usurpation faite du personnage pour ne pas exposer son intime). Christine G. m'avait signalé cette lecture plus spécialement, car Catherine Millot relate ici parmi deux autres destins mystiques féminins, la vie de Etty Hillesum dont je suis justement en train de lire La « vie bouleversée » (que je vous recommande chaudement, comme la parole d'une jeune femme à la vie intérieure d'une richesse inouïe, et qui aimait la vie follement), son journal et ses courriers du camp de concentration d'où elle sera déportée finalement à Auschwitz avec toute sa famille.
Etaient présents hier soir un certain nombre d'autres comédiens, ainsi que... Lionel Jospin ! avec sa ravissante philosophe de compagne... que je n'ai pas osé aller saluer ! - Ma fille n'est même pas restée jusqu'à demain, et je me sens choquée... Mais ça avance beaucoup pour elle, je dois la lâcher...
- Cet après midi, je m'étais hardiement
forcée à me convaincre que j'y arriverais, j'avais envisagé d'aller à une autre lecture, en présence de l'auteur Jean-Pierre Verheggen, « Sodome et grammaire », lecture par Jacques Bonnaffé. Le départ inattendu de ma fille m'a scié les jambes et tordu les boyaux. J'irai certainement (?) à la clôture du festival, « Nulle part dans la maison de mon père » et autres textes de Assia Djebar, lectures par Marie Christine Barrault et Nicolas Pignon. (Soirée rediffusée par France Culture !).
Je ne cesse de découvrir toujours plus de blogs, de sites et de gens [surtout !] passionnants, drôles, scientifiques, informés, connus, décalés, fantaisistes, brillants, émouvants. Bref, ça continue à s'ouvrir pour moi comme on peut voir !
Les ratiocinations et le difficile passage du Dedans au Dehors de l'Éperdue me semblent prendre un sérieux coup dans l'aile...
14:10 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors », Manifestations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, écriture, blog
04 février 2008
Pourquoi s'exposer sur un blog ?
En réponse à la question fort pertinente de M. concernant ce besoin que j'ai de m'exposer sur un blog... C'est une fameuse question, très pertinente, et très intime... On prend soin de soi comme on peut, et nous sommes tous différents face à nos blessures. Et si nous avons le même amour de l'écriture, nous n'avons probablement pas le même rapport au goût de partager.
J'ai eu ma période rose de communications virtuelles (avant et pendant ma période Pulpe), ça m'a passé : j'ai fait cavalier seul sur un blog, ce fut une nécessité vitale. J'ai conservé une passion exploratrice (je suis curieuse et j'ai du temps), et je vis cet outil - le net - comme incontournable, au même titre que le bus, mon agenda, ma bosse à dents et la parole. Juste que je commence à y puiser un « plus » à ma vie et non plus une béquille à ma solitude. Et une ouverture autrement sur le monde, que je n'avais qu'au travers du petit écran. A caractère addictif, certes.
J'ai aussi un rapport obsessionnel passionnel au bidouillage sur l'ordi et le web m'excite à cet endroit là (si si !) du potentiel de communication et de découvertes, j'entends (j'entends rien à cet endroit là je rassure). Quand j'ai trouvé comment marche un truc (récemment par exemple les RSS, bon j'suis pas vive mais j'avais jamais cherché), ou toute fonctionnalité pour agrémenter mon usage au quotidien, et facilite mon cheminement vers certaines de mes curiosités, j'ai une satisfaction réelle : j'ai vaincu la bête, et je savoure une sorte de modernité qui ne creuse pas mon portefeuille déjà anorexique !
Quant au blog, il y a de l'intime que je ne partage pas ici, et inversement. Et de l'intime, ça n'est pas le même ici, le nommer et l'écrire m'en donne une autre dimension que le vécu. Avec un soupçon de recul indispensable, et un moyen de fixer ce qui s'envole trop vite chez moi, ma mémoire étant une fausse amie : j'ai le souvenir volatile...
Ici l'intérêt c'est de choisir comment je vais me dévoiler, ce que je vais dévoiler et quand, et c'est cet exercice là, à cet endroit précis, qui me soigne et me respecte...
Peut être besoin de placarder des choses que je vis, parce que je ne suis pas encore tout à fait sûre que c'est moi qui les vis ?
Bon, et puis la fréquentation de ce bloguinet est carrément confidentielle !
Je ne sais pas si dans un livre je me sentirais plus protégée, je ne crois pas. Le livre t'échappe comme un tableau, c'est un objet. Ici ça n'est pas le même rapport à la création il me semble. Il ne reste pas un objet figé, il est évolutif.
Et puis, dans un beaucoup trop long texte sur La Tortue éperdue je concluais :
- Écrire avec la peur viscérale de m'exposer, invariablement.
Donc une jouissance masochiste, probablement aussi dans cette peur là...
C'est mon côté théâtral de cantatrice authentique, mettre un peu de solennel dans mes déclarations, une emphase, une mise en scène, un costume et un décor adapté, et que ça reste gravé dans le marbre de la toile.
Parce que sinon, je suis toujours rattrapée par le quotidien qui me fauche émotionnellement.
Je suis rarement contente de ce que j'écris, enfin c'est fluctuant peut être bien en fonction de ma honte et de mon estime de moi. Je crois qu'écrire ainsi sur des blogs ce sont des pieds de nez à ma honte, ainsi qu'à ma peur mêlée d'un très fort désir de m'apparaître, et de témoigner de mon existant - et comment - aux autres... ayant peu de circonstances publiques en dehors de certains regroupements...
Dans mon tout premier blog, j'expliquais qu'au départ ça avait été un cri dans l'immensité galactique du web, qui m'a parue à la dimension du besoin inextinguible. Je crois que ç'en est toujours un, mais un cri silencieux qui ne demande rien, si ça n'est de pouvoir être poussé...
18:45 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ne pas perdre le fil | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, écriture, blog
23 janvier 2008
Le moussaillon a bu la tasse
Mais il surnage et sait fort bien nager !
Suite à la pseudo « pose » de ce matin, sensée durer 1h et qui en a duré 2, et qui s'est transformée en course poursuite éperdue... Je suis arrivée une heure en retard chez ma mère (et n'ai pas du tout rattrapé le retard dans mes différentes tâches), pas bossé sur la plaquette sous prétexte de rajouter un alinéa ici, pour finalement écraser la bonne version de la note, que j'ai réécrite en toute hâte, et découvrir au bout du compte que je l'avais sauvegardée sur Word !
Ravi trouve que me vie est pleine de Vie et qu'il n'entend que bonheur et créativité dans tous ce que je lui raconte de tout ce foisonnement qui me donne le vertige... et me donne la sensation d'avoir un coussin d'air sous les pieds. Je savure et jouis de recontacter tout ce qui s'ouvre à moi par l'écriture...
21:30 Publié dans Blog, Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ne pas perdre le fil, Vibrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog
19 janvier 2008
La Conférence
Avant la conférence
La peur d'être vraiment à ma place était peut être bien là.
En anticipation anxieuse de la conférence d’hier soir, il m'aura fallu quelque soutien d'outils de décontraction, m’adonner à quelques fuites - qui s’avèrent parfois créatives - annuler un engagement pris juste avant – reculer pour mieux sauter ? - pour réussir à me rendre à cette conférence. Le pari n’était pas gagné d’avance, un long combat intérieur s‘étant livré en moi : « tout annuler et rester au fond de mon lit », ou me lancer à me rendre à cet événement qui va dans le sens d’une de mes quêtes actuelles : que faire de mon envie d’écrire – sur des blogs pour l’instant – et comment, et avec qui, et dans quelle communauté d’écriture, quels éditeurs, quels ateliers, pour quelle mission humaine, quels autres thérapeutes, comment utiliser cette veine là ?
Bien que je suppose ne pas être la seule à pratiquer la procrastination, celle ci revêt chez moi des formes très sophistiquées... J'avais PEUR d'être en retard (et faisant tout pour l’être), peur de ne pas y arriver à cette conférence, peur de ce que j’allais y trouver (des fois que ça soit bien !) peur de... Alors voilà. Afin de détourner l’énergie de l’anxiété (qui pousse en avant, mène à la fuite ou paralyse, c’est selon, on le sait bien) j’ai créé un autre blog ce même après midi, agrippée obsessionnellement à mon écran, devant les énigmes très addictives chez moi des nouveaux paramètres de construction et de mise en forme (et autres obstacles irrésistibles) qui se présentent chez ce nouvel hébergeur...
Depuis longtemps je me sentais insatisfaite par l’interface graphique proposée par H&F. Depuis longtemps attirée par celle proposée par d'autres, dont il se trouve que des protagonistes de cette conférence faisaient usage.
Insatisfaite aussi de mélanger dans le même lieu virtuel journal intime et cris de douleur stupéfaits, à des textes plus élaborés et plus mis à distance…
Je ne savais même pas en écrivant cette note où j'allais poster ce billet de ce matin... Ici, sur Eperdue, identifié avec plus de précision depuis hier comme ayant fonction de « Journal intime » ou sur le nouveau dédié à l’ « écriture » ?
@_@
La conférence
Ce que j’ai entendu ce soir là m’a donné envie de lire plus de littérature, qui est une source d'inspiration et un enrichissement, envie de travailler à cette écriture, eu confirmation qu'il me manque des pistes et des billes, des « trucs », du type de ceux que Christine (amie thérapeute et animatrice d’ateliers d’écriture) m'a glissés... etc.
En l'occurence, de cette aventure nocturne, je ne raconterai que ce que « moi » j'en ai vécu... pas aisé quand ça vous a mis les tripes en vadrouille... mais ça fait partie du tableau ! Normal. Autant de gens inconnus à la fois, lieu inconnu, démarche inconnue, c'est encore beaucoup dans ma nouvelle économie de vie. Donc claquée, vidée.
Cette conférence était à la fois passionnante et déconcertante. Je n’ai pas compris grand chose à ce qu’a raconté François Bon, mais je l’ai trouvé brillant, émouvant et drôle… J’ai été impressionnée par l’exposé très posé et un peu surréaliste de Hubert Guillaud, et entièrement d’accord et très intéressée par celui plus décontracté et « bonhomme » de André Gunthert.
Mon ressenti de plus saillant ? J’ai eu mal au ventre dès que je suis arrivée dans le métro…Grand moment de solitude en arrivant dans la salle bondée d’inconnus. Incapable d'oser trouver moyen d’avaler deux Spasfon. Des Gens !? Terreur.
Mais téméraire, et courageuse je suis.
Je me suis trouvé un petit coin, sur une chaise de jardin rouge sciant mes cuisses, et j’ai écarquillé les yeux, sous un plafond mosaïque de belles photos de ville éclairées comme des diapos. Constatant finalement que je ne faisais pas « tache » dans cette assemblée pour le moins hétéroclite. J’ai bien tenté de prendre une ou 2 photos avec mon portable dans l’intention pseudo-journalistique de blogueuse soit-disant avertie, d’immortaliser ici l’instant exceptionnel, mais j’ai pas osé en prendre durant les exposés (je me serais exposée).
Vous n'y voyez rien ?
Normal, j'étais dans le brouillard...
C'était passionnant. Et un peu angoissant aussi. Trop d'univers, trop de concepts que je n'ai jamais côtoyés. C'est que ces gens là grenouillent là dedans, la littérature, l'écriture, le web et l'édition, depuis des années et ça fait partie de leur vie !
J’ai bien tenté d’échanger quelques mots avec des gens que je ne pouvais éviter de bousculer pour me déplacer à l’entracte, certains sympas, un autre pédant avec son e-book à la main.
Conclusion ? Je suis repartie avec plein de notes à partager avec mon amie initiatrice, et totalement déstabilisée. Ca n’est déjà pas une démarche simple de me sentir à ma juste place dans ma démarche hésitante d’écriture, alors là…
J’avais ouvert un abîme devant moi.
16:35 Publié dans Blog, Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ne pas perdre le fil, Ratiocinations, Vibrations | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog
06 janvier 2008
Arythmie relationnelle
Aggravant mon rythme d'existence, les relations, c'est compliqué pour moi.

Outre les strates de rythme d’existence, il y a ce que j’appelle mes arythmies relationnelles. Comme des bourrasques capricieuses. C'est-à-dire que je peux être extraordinairement présente durant une heure ou deux, mais alors dans une présence d’un intense awareness, (ce qui est requis dans la profession à laquelle je me prépare), et dans l’heure qui suit avoir besoin de disparaître et de me retrancher dans mes contreforts. C’est là où je repose mon âme, que je me ressource au puits de mon essentiel…
Ou bien je suis présente une journée, voire plus dans mes ateliers de formation, séminaires et stages, là où mon besoin de disparaître peut être respecté, mais il me faut plusieurs jours de recroquevillage pour récupérer.
La tâche ardue pour moi, c’est de concilier ces allers-retours « dedans/seule, dehors/les-autres », ces deux univers n'étant pas reliés dans ma vie par une passerelle, comme je l’ai déjà longuement décrit ici. Le difficile c’est dans la transition. C’est qu’il y ait moins d’à coups, que je m’y adapte et que mon entourage, celui que je choisis, l’accueille comme on accueille mes yeux bleus et ma faconde… certaines amitiés n’y ont pas résisté. Mais les personnes éveillées et « en chemin » de mon entourage n’en prennent pas ombrage. Parce que je ne suis pas la seule et surtout parce que je me respecte, et que c’est bien plus juste pour tout le monde.
Il y aurait donc à mettre plus de souplesse dans mes rythmes, et aussi dans la transition dedans/dehors.
C’est pourquoi l’écriture est si confortable. Cela se fait au rythme souhaité, quelle que soit l’urgence, sans face à face qui induirait pour moi une injonction à exister face à l’autre (qui pour moi est violente) et comme le décrit si bien ce que j’ai lu ici, cela permet une distanciation, qui n’est pas un cloisonnement, mais au contraire constructive, différentiation et symbolisation.
Je me souviens de mon premier blog où, me relisant un jour je me suis exclamée : « Mais… c’est Moi qui vis ça ! J’ai donc une existence !? »
Voilà. Lorsqu’on revient de loin, mieux vaut des petits pas sûrs que des grands pas qui font trébucher. Sinon on ne tient pas la route.
Je crois que je juge mal mes petits pas sur mon chemin, ceux que je fais pourtant, tout petits et pas bien visibles de loin, alors même que j’oublie que je contourne des cailloux gros comme des falaises, que j’affronte des tempêtes (et quelles tempêtes sous mon toit…), et que j’ai quelques tonnes de plomb encore dans mon sac à dos.
« Ce n'est pas le but de la promenade qui est important mais les petits pas qui y mènent. »
(Proverbe chinois)
12:50 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog, Philosophie
04 janvier 2008
Maître étalon de la vitesse d’exister

Je vis à 2 km à l’heure.
A 10 km à l’heure je suis allée chez la dentiste aujourd’hui. A 2 km à l’heure j’ai accueilli avec une certaine satisfaction mêlée de déprime l’annulation du 2e rendez-vous de la journée. A une allure trop rapide j’ai foiré l’invitation à dîner prévue ce soir, reportée à dimanche. J'ai été peut être plus soulagée que navrée quand des obstacles se sont présentés pour rencontrer deux amies bruxelloises demain. Trop épuisée.
Je ne sais pas s’il existe un maître étalon de la vitesse d’exister, une sorte de salopard standard, mais si j’ai cette impression de lenteur c’est sûrement que j’en ai introjecté un (et je sais bien de qui vient ce poison). Ce serait un maître étalon très sévère et incontournable, contenant une dose à seuil incompressible de choses à effectuer dans une journée, avec résultats, une sorte de maître étalon de l’efficacité. On retrouve ici l’une de mes obsessions : me prouver que j’ai fait quelque chose, que j’ai été efficace, sinon je me sens coupable de gâcher ma vie avant qu’il soit trop tard (je pense beaucoup à ma fin). C’est vrai que la lenteur à déclancher l'action, ça fait ne plus sentir le sol sous les pieds : c’est angoissant, c’est un manque à gagner de repères et de satisfactions narcissiques.
Alors qu'avoir des résultats ça rassure comme je disais.
Mais cela me contraint à violenter mes tentations à l’inertie, à forcer sur mon épuisement et mes douleurs physiques
(j’ingurgite quotidiennement des antalgiques), tyrannie intime contre laquelle des forces très obscures et très efficaces (pour le coup !) luttent en moi…
Certains de mes magiciens me diraient probablement que je me fais souffrir avec des lois intimes qui ne m’appartiennent pas… mais qui sont tenaces comme des morpions.
Donc je vis lentement, et je me rapproche certainement de mon rythme naturel, que je ferais bien d’accepter au lieu de le combattre ! Ça ne se voit pas tellement (quand on me voit !), car je suis en apparence vive, souriante et très spontanée même si mes rondeurs donnent à tout cela une générosité et une fluidité apparente, et finalement bien réelle.
Comme s’il y avait plusieurs couches de rythmes dans mon existence, comme les courants sous marins :
Un rythme de tortue centenaire, dans la strate profonde : « Comment ça avance ma vie »…
Une rythme plus superficiel et néanmoins impactant qui fut souvent trop rapide dans le registre : « Ok, je suis super sympa et je te reçois 5/5… », ou « je suis ouverte à toi, mais tellement que je suis ouverte à tous les courants d’air, toutes les brises, et ma quille est si hypersensible qu’elle suit tous les courants qui passent »… strate qui tend à se ralentir considérablement.
Comme j’ai colmaté beaucoup de brèches, fermé des meurtrières pleines de vents coulis et excellentes failles pour les coups bas qui viennent du dehors, je me suis un peu bétonnée ! Et puis j’ai pris du plomb dans l’aile et le plomb, c’est bien connu …
Le navire a pris du lest au sens propre et au sens figuré, une allure plus majestueuse, et j’ai parfois la crainte que le convoi ne prenne des tournures de cargo. Je préfère les goélettes, et je crois que je me fais de vilaines illusions sur l’impact humain que j’ai envers mon environnement, à ce qu’on me renvoie de positif.
Ce qui me soucie c’est ma propension à me transformer en citadelle fortifiée… Pont-levis remonté, peu de troubadours y ont accès et d’ailleurs ça n’est pas abordable, des fortifications !
A part pour les grenouilles qui barbotent dans les douves.

« Ce que nous avons fait ne sera pas perdu à tout jamais.
Tout mûrit à temps et devient fruit à son heure. »
(Divyavadana)
19:50 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog, Philosophie
01 décembre 2007
IV - Juste avant d'apparaître (dehors)
Le fauteuil (encore lui) me propose ses services devant la glace grossissante (je n’y vois plus bien net) posée sur mon bureau (salon, à côté du PC), et je peux alors procéder au maquillage, activité que j’affectionne particulièrement, car pour moi c’est une création à chaque fois, maniant avec dextérité crayons khôl, blush, pastels et autres mascaras…
Une fois maquillée, la pression monte encore d’un cran - je suis forcément en retard, les pendules sont moins sévères que ma procrastination – je dois choper Théo qui a compris depuis longtemps que j’allais le sortir (« sortir » !), et qui joue les zébulons entre mes jambes, ou fou de joie joue au jeu de « Elle m'attrapera pas », déposant au passage une ultime couche de poils blancs sur mon pantalon noir… Le signal imparable pour lui, c’est quand je m’empare du flacon d’eau de toilette sur la cheminée de la chambre (« Thé vert » ou « Eau d’Issey »), pschiiiit : certifié garanti, on va sortir (!), Théo gambade dans tous les sens, hystérie dans l’air, aggravant mon énervement : « je vais être en retard » (mon estimation du temps passé à me préparer est une pathologie non réglée à ce jour malgré les soins assidus).
Ayant choisi dans l’entrée le manteau (trop petit), évitant – ou pas selon l’état de stress - de justesse le coin de table cogneur, je chope la laisse (Théo atteint l’avant dernier stade de l’hystérie, de la félicité canine, la dernière étant de renifler les odeurs dégueulasses sur le trottoir et de pisser contre les arbres), et comme peuvent survenir un nombre inavouable d’allers-retours entrée-salon-chambre - j’ai forcément oublié quelque chose - l’intensité peut monter ainsi tout son saoul…
Alors, la panique peut atteindre son stade paroxystique.
Ouvrir la porte, veiller à remettre les vis amovibles de fortune dans la foutue serrure fichue de la porte blindée, ne pas la claquer (t’ain les voisins)… Je suis dans les escaliers, 3 étages, mon attention focalisée sur : « Tenir la rampe, ne pas tomber, retenir Théo » qui fait des bonds et qui jappe bruyamment – « ‘tain les voisins - gérer la douleur aux genoux », … ce n’est qu’une fois que j’ai atteint la porte d’entrée de l’immeuble, (Théo hurle), ce n’est que lorsque j’ai réellement passé la porte de cet immeuble de malheur que la pression retombe soudain : j’ai fait le grand saut Dehors !
Dehors, avec des Autres Gens.
L’Autre existence, Dehors.
23:35 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors » | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture
III - Préparer le paraître (vêtements, maquillage)
Tiens, ça me rappelle cette prière tant de fois scandée : « la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer et le courage de changer celles que je peux…». Eh bien là, pas besoin de courage, j’aime à me parer… avec ce que je peux.
La pendule égrenant inlassablement son heure fatidique, je vais devoir passer à la pénible étape suivante de l’habillage.
Vu le contexte sur-pondéral et financier, j’ai peu de choix. Je choisis, me résigne la plupart du temps à rendosser les vêtements de la veille, veillant à quelques détails de lingerie féminine, avec le même peu de choix, (le lave linge étant tombé en panne le jour où ma mère m’a payé le nouveau sèche linge, je lave mes sous vêtements à la main). Cette manœuvre apparemment anodine (me vêtir) s’avère extrêmement périlleuse : mes vêtements quotidiens sont posés sur un fauteuil près de la fenêtre (tout près de « Dehors »), et je dois prendre garde qu’ils n’échouent au sol durant l'opération, ce qui les transformeraient en plumeau usagé, car je m’habille presque exclusivement en noir et que le sol est jonché d’un tapis de poils blancs de mon Théo adoré (je rappelle que Théo est mon compagnon canin, et on l’aura compris je n’en ai pas d’autre, moins poilu). Je ne passe pas non plus souvent l’aspirateur (abandonné dans l’entrée, faute de place), parce que couette et/ou fauteuil ajoutés à douleurs physiques (et morales) sont incompatibles avec ménage…
Mon courage mémorable (et quotidien) m’a donc hissée jusqu’à l’habillage (collants trop petits, craqués à l’entre jambe, pantalon noir moucheté de poils, chaussures usées, sempiternels pulls ou petits hauts noirs plus décolletés - on a sa coquetterie -, les seuls dont mon surpoids aggravé tolèrent que je me saucissonne dedans), vêtements offerts pour la plupart, lorsque donc j’ai gagné la bataille de l’habillage, le moral soudain bascule dans une énergie bien meilleure, teintée d’une sorte d’urgence encore souterraine (le tic et le tac ne désemparant pas).
(à suivre...)
23:30 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors » | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture




