20 mars 2008

L'étrange questionnaire...

L'ÉTRANGE(*) QUESTIONNAIRE D'ÉPERDUE
(CV d'Éperdue ici et ici ainsi que sur l'encadré à gauche).

(*) Bizarre, extraordinaire, singulier, surprenant. Le Robert

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1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.

Elle prend particulièrement soin de ses ongles polis quand elle lit : ce sont eux qu'elle voit lorsque qu'elle s'évade de sa lecture. Et, dans ces moments ténus où ses yeux dérapent, c'est son monde intérieur qu'ils incarnent et qu'elle scrute.

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?

19h15

3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?

19h07 

4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?

Mon rapport au temps est depuis longtemps déréglé, et je m’en réjouis. 

5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?

La plupart du temps. 

6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?

Je les laisse à mes alter égos obsessionnels angoissés. 

7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?
Dès que je peux, c'est-à-dire quand je ne suis pas en ville : c'est-à-dire trop rarement. 

8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?

Je ferais mieux de me mettre plus souvent dans cette perspective : ça remet mon existance à sa place. Et ça enlève de la pression.

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9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?

« C’est dans l’air » sur le Tibet et la Chine, mes ongles, et une autre note en cours à paraître simultanément avec ce questionnaire. 

10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?

Un peu de gravité et de l’ennui. Ces relents d’encens ne m’inspirent pas grand chose. 

11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?

Ce qu’il y a vraiment à voir. 

12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?

Toucher et entendre pour voir. 

13 - Avez-vous peur ?

Oui, tout le temps, partout et avec tout le monde. 

14 – De quoi avez-vous peur ?

De tout, sauf de mon chien et de mes plantes vertes. 

15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?

Ça remonte à 20 ans, je n'en regarde plus et ma mémoire est percée : je donne ma langue au tigre... « Orange mécanique » ?

16 - De qui avez-vous peur ?

Des personnes qui projettent leurs frustrations sur moi, des vieux barbons, de mon ex conseillère à l’ANPE, de tous les financiers et euh. De tout le monde. 

17 - Vous êtes vous déjà perdu ?

Oui, quand j’étais petite. C’était affreux. Aujourd’hui ça peut être jubilatoire. 

18 - Croyez-vous aux fantômes ?

Finalement : oui. 

19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?

Une personne morte qui a vécu un épisode de vie affreux, et qui a dû se taire : elle se réincarne, le drame garde sa dimension énergétique transgénérationnellement, et souvent à notre insu nous pouvons en hériter. Attention aux ancêtres frustrés, violés ou en colère. 

20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?

La télé, et mon radiateur qui s’est inexplicablement mis à vibrer. 

21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?

Le bruit assourdissant de mon silence figé face à cette question à laquelle je ne sais pas répondre. 

22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?

J’habite un monde d’étrangeté, la normalité m’angoisse : j’assume ma folie. 

23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?

Enfant, on est très naïf dans une famille catho… 

24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.

Tu t’es vu quand t’as bu ? 

25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »

Un grenier inexploré, ou une petite pièce derrière une glace sans tain avec plein d’anciens objets érotiques insolites. 

26 –Croyez-vous à la rédemption ?

La preuve : je suis là. 

27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?

Certainement. 

28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?

Rarement. Mais un peu plus souvent qu’avant. 

29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?

J’ai rêvé que j’étais libre d’exprimer et d’agir mes vrais besoins. 

30 – Que vous inspire le brouillard ?

Un flou cotonneux, de la confusion et de l’incertitude : une partie de ma vie. 

31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?

J’ai déjà répondu, pour les fantasmagories ! 

32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce où vous êtes ?

Moi : il y a un miroir. Plein de photos, de souvenirs et de paysages. 

1770557928.jpg33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?

Transformer mon appartement en une petite maison de plain-pied, avec un jardin. Dans le lot, je mets une voiture. 


34 - Qu’est-ce qu’un fou ?

Quelqu’un qui a trouvé un moyen de gérer l’insoutenable. 

35 - Etes-vous fou ?

Je revendique ma folie. 

36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?

Cela ne m'intéresse pas. Je commence à sentir l'agacement.  

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?

Je n’aime pas les livres qui me paraissent étranges : c’est que l’auteur a fait un effort pour que je n’y aie pas accès… Ou que sa folie ne me touche pas. 

38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?

Assez, à condition d’avoir un beau jardiner, mon ami intime qui sait cuisinier, une amie qui aime faire le ménage ; des chiens, un âne, un cheval, des chats et des canards. 

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

Non, c’est mon regard sur les choses qui est étrange, je crois.

 40 – Quel est le denier film étrange que vous avez vu ?

Déjà répondu à cette question : je ne vais jamais au cinéma et je choisis mes programmes à la TV. Peut être la dernière émission « Faites entrer l’accusé » : les abîmes insondables des comportements humains. 

41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ? 

J’ai connu quelqu’un qui y a installé un club équestre. L’agacement monte. 

42 – Etes-vous capable de deviner l’avenir ?

Ça m’arrive. Pas de deviner, d’avoir de fortes intuitions. 

43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?

Oui. 

44 – Où ?

En Italie 

45 – Pourquoi ?

Pour suivre un être aimé. 

46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vous ?

Ça devient énervant. Je n’ai pas de mémoire. Des essais cinématographiques vus sur Arte lors d’une rétrospective des années 68, courant hippie expérimental, sous LSD ? 

47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?

Avec beaucoup d’argent pour refaire le toît et enrayer l'ambiance de moisi, de tristesse momifiée et de mort, assurer l’entretien des "simples" du potager et des fruits du verger : pourquoi pas ? 

48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?

Déjà répondu à cette question, ou bien j’ai raté mon copier-coller ? Un livre en sanscrit ? 

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?

Les deux. Sur le même guéridon dans une bibliothèque lambrissée, pas loin de la cheminée. 

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50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches ?

Je préfère les loupes à ce qui coupe : j’aime les détails et pas découper. 

51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness

De la vase. 

52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?

Voir la réponse à la question 25. 

53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?

Énormément, sauf quand je viens de faire mon brushing. Sinon, oui. 

54 – Que se passe-t-il dans les souterrains ?

Il y a le métro ou les taupes, c’est selon. Et les verres de terre. Et des SDF aussi, pour avoir chaud.

 55 – Que regardiez-vous quand vos yeux se sont détachés de ce questionnaire ?

Mes ongles. Et "Samantha « oups »" dans le miroir face à moi qui reflète aussi la télévision. 

56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

Rien du tout. Je n’achèterais pas le livre et je ne l’emprunterais même pas à la bibliothèque. Ou alors je suis chez le dentiste et il n'y a que "Voici" à lire... Quoique... 

57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

Aucune idée. Les contes de Grimm ? Walt Disney ? Un conte chinois ? 

128719771.jpg58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?

Je n’en vois pas l’intérêt. Sauf si j'ai perdu mon dentier, auquel cas j'attends le lendemain. Je préfère le crépuscule. 

58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.

Etrange : il y a deux questions 58.

Elle se savait enfin à l’abri des étranges questionnaires, mais pas de sa folie. Et elle avait la certitude qu’elle ne savait et ne saurait jamais rien. Dans le sous bois crépusculaire, les taupes émergeaient lentement et le parfum des simples et des conifères s’imposait. 

59 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?

20h15 

60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?

20h04

08 février 2008

Le web 2.0 : quand est-ce qu'on respire ?

Video de Michael Wesch exposant le concept de web 2.0. (Lien trouvé parmi d'autres animations encore plus affolantes rigolotes, les flux RSS notamment, les wikis (?), les blogs et les réseaux sociaux (!), dans un article incompréhensible scientifique sur affordance.info)

Ça ne vous donne pas le vertige ? Moi, ce sont surtout les conclusions qui m'inquiètent parce que je me demande si c'est une joke ou non.

Mais il y a de la fascination aussi, et je ne renie pas certaines des fonctionnalités possibles démontrées dans cette vidéo...

... et pourtant je tiens aux valeurs humaines lentes, qui prennent leur temps, aux choses qui doivent se faire parce que l'eau de la rivière ne coulera pas plus vite ni les saisons ne s'inverseront (quoique...), à l'évolution des situations, au temps qu'il faut pour grandir et comprendre les choses, pour cultiver et voir fructifier, sans maîtriser les éléments naturels ; je crois aux processus longs, aux transformations profondes dont personne ne connaît ni la mécanique ni le tempo, au temps et au courage nécessaire pour dépasser nos barrières intimes, aux instants trop rares qui savourent la beauté d'un matin ; je crois aux alchimies subtiles, au chant de l'âme, aux phéromones, au merveilleux inattendu, aux surprises des relations qui rebondissent, aux cadeaux de la vie... À tout ce qui existe et a existé de tout temps sans la technologie, aux hasards qui n'en sont pas, aux câlins avec mon chien, à la confiance qui s'instaure, aux fièvres dans les draps, aux bras tendus hier à l'amie trop seule, à la chaleur d'une vraie compagnie... Et pourtant, je cohabite en chair (surtout) et en curiosité avec ces évolutions numériques, technologiques & sémantiques (?), et ces nouveaux modes de communication. Qui ne remplaceront jamais ceux des vrais liens qui se tissent sous le regard de l'autre, une allure qui émeut, des postures et des choix touchants, la prudente construction d'une relation, une intention, un effort, une joie inespérée, le geste qui émeut aux larmes, le souffle perceptible, un rougissement, un battement de cil...
Et je pense alors aux apprentis sorciers que nous sommes ! 

La résistance s'organise (merci à V. pour cet envoi solidaire)

J'ai beau bichonner mon web, impossible de trahir mes pairs :

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 La preuve d'ailleurs, je vous ai parlé de musique classique...

02 février 2008

Facebook, à quoi ça sert ?

e151679d413c6ad327ccd7ee1904996c.jpgJ'ai répondu à une invitation....
Pour l'heure, à part avoir trouvé sans m'y attendre un moyen de communiquer aisément avec ma famille aux USA (et ÇA c'est génial et inattendu, parce que ça arrivait bien trop peu...), avoir donné une nouvelle preuve (virtuelle) de mon amitié à certaines personnes (et confirmé d'autres, toujours aussi virtuellement)... j'ai perdu beaucoup de temps dans des fonctionnalités et gadgets dont je ne comprends pas toujours le sens, et pas seulement à cause de mon niveau en anglais... (j'avoue avoir fait joujou avec certains déjà). Et avoir rassemblé virtuellement des personnes que j'aime, presque par magie : plus facile, plus rapide, moins agréable et moins engageant qu'un brunch à la maison !

Bref : je me suis inscrite sur l'usine à gaz facebook !

A ce propos, il y a une des fonctionnalités (une icone à côté de mon identité AIM, le tchat d'AOL) à laquelle Firefox m'a refusé l'accès ! AOL (mon provider) est configuré visiblement par des extra terrestres sur une planète éloignée du ouaibe, et atteints de léthargie ! Interface spécifique lourdingue, dont je ne me sers jamais non plus. Ce qui m'a incitée à créer in petto une messagerie Gmail (inutile d'espérer configurer simplement Outlook avec les paramètres AOL).

Facebook pour moi ça ne sera pas pour les partages de photos car il existe un site d'accès restreint des photos de ma famille. Echange d'idées ? Non. De news rapides qu'on ne se donnerait pas sinon ? Peut être...

J'ai dégotté concernant cette coqueluche webesque : ça ou ça et surtout ce billet critique de Michaël Carpentier, agrémenté de nombreux commentaires certainement avisés (en tout cas d'utilisateurs), qui eux-même renvoient sur d'autres articles, et qui apportent un éclairage sur la réalité de cet outil... visiblement déjà presque has been ! et que d'aucuns nomment le Fesse Book ou « mode électronique ».

28 janvier 2008

Sémantique

 

Je reprends cette image de Julo trouvée sur son Blog à part...

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Et il commente : « Le web jargonne dur. Et si l'homo numericus n'a aucun mal à comprendre ces barbarismes, l'homme de la rue devra bientôt apprendre le ouaib comme une langue étrangère... » 

Ceux de ma génération, oui... Poké ????????

01 janvier 2008

2008

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26 décembre 2007

De l'addiction à l'abondance

Petit carnet,
noté le 10 décembre 2007, et réécri aujourd'hui

Eperdue « Dehors» : Suite d'une journée somme toutes assez extra-ordinaire, au regard de mon train train.

Cheminant vers le métro habitée d’un ressenti qui a quelque chose à voir avec de la sérénité (…) mes pas me mènent vers la Fnac, où j'envisage un achat qui pour ne pas être compulsif ne me semble pas raisonnable… selon mes critères et paramètres du moment. Il me manque deux titres de cette auteure (Elizabeth George) dont je (re)dévore la série de polars depuis quelques semaines, à raison de plusieurs heures par jour (5 ou 6 parfois). Je m’entraîne à m’adonner à cette lecture compulsive sans culpabilité car c’est probablement ce que je peux faire de mieux – sans me faire de mal – pour atténuer le vécu de néant et l’angoisse qui affleurerait volontiers. Je dirais que j’y prends tout simplement du plaisir, et qu’en l’absence de contraintes je me l’autorise.

Je dégotte trois titres de cette auteure et assez fière de moi, qui fais si peu d’achats de m’autoriser sciemment celui-ci, et je me dirige vers les caisses… Où je découvre que deux de ces trois ouvrages ne me conviennent pas et je les laisse à la caisse ! Je me surprends, la nouvelle Eperdue me surprend…

Mon trajet me fait passer devant une boutique où je décide d’entrer (mais quelle folie) pour acheter une joujou-couic-couic pour Théo, moyennant 3€… et où au moment de payer je demande sur une impulsion à l’un des membres cacochyme de la famille d’ancêtres qui tient cette armurerie : « vous n’auriez pas des portes-clés ? » ayant en tête l’une de mes innombrables petites envies toujours frustrées. Et je m’entends dire : « Oh mais si ! J’ai… des animaux… attendez, alors voilà… une tortue, et aussi… » « Stop ! , je la prends ! ». Je n’en crois pas mes oreilles, (ma carte bleue non plus). Je vais enfin pouvoir caresser du bout des doigts cet emblème rassurant dans ma poche, accroché à mon trousseau de clés désormais à l’effigie d’une « tortue » (je deviens un peu fétichiste avec ce totem-symbole intime, et pseudo choisi il y a quelques années sur internet)…

Sortant de là dans un léger état d’ébriété émotionnelle, je crapahute jusqu’à l’arrêt de bus qui doit m’amener chez ma mère (la sorcière) , pour je ne sais quelle transaction convenue. Et voilà que je tombe sur une dame qui porte un manteau tel que je l’avais rêvé, style, ampleur et probablement, qualité laissant à désirer… Depuis quelques temps je m’autorisais à rêver d’acquérir (si, si) un manteau, long, noir, style doudoune mais pas trop quand même. Je questionne cette dame dans un dialogue Occident-Afrique-du-Nord qui me va en l’occurrence, et je découvre que l’objet de ma convoitise est disponible moyennant 30 € à République ! La dame me gratifie même du numéro de bus que je peux emprunter pour y arriver ! Et me voilà dans ce bus, rêveuse, parce qu’un peu à des années lumière de ma vie quotidienne, si enfermée, si étriquée, si anorexique de plaisirs de facilité et d’abondance… Je trouve la boutique, il y en a un, je l’essaye, il me VA ! J’achète… Bon, 40 €, mais c’est génial je vais enfin avoir chaud dehors, et ne plus superposer des couches de vieilles pelures ! J’ai chaud, j’ai des poches et une capuche !

Moi, cette coquette frustrée, ex acharnée compulsive de l'achat vestimentaire condamnée à m'habiller sempiternellement pareil, je me sens presque… neuve et d’apparence un peu moins poussiéreuse !

Voilà comment j’ai commencé ces derniers temps à savourer une sorte d’abondance embryonnaire. Depuis il y a quelque chose qui s’ouvre en moi, qui avait pour nid inconfortable cette sorte d’anorexie financière… Des petits signes, une sorte de fluidité, et pourtant rien n’a changé objectivement dans mes revenus officiels.

Seul mon regard intérieur sur mon droit à l’abondance a changé, et signe les prémices d’une abondance bien plus large, je le sens…

17 décembre 2007

Baromètre addicitf - 1


Petit carnet,
écrit le 10 décembre 2007

Eperdue « Dehors» :

Je m’achemine en ce mercredi de décembre dans un Paris humide et frais, clopin-clopante, ravie d’avoir à succomber encore une fois à mon addiction la plus saine, un rendez-vous chez l’un de mes « Magiciens. » Acte manqué ou pas, je me casse le nez suis trompée de jour, et faisant demi tour, je rêvasse assez sereinement sur ce que je vais faire de ce temps extirpé à ma sacro sainte bulle addictive du « Dedans », enrichie de surplus d’une somme que je n’attendais même pas (!) et tout en marchant les yeux fixés au sol comme à mon habitude, pour ne pas trébucher. Mes yeux se posent sur des fragments verts, morceaux de légumes, salade, chou… Je suis dans un quartier où une myriade d’asiatiques se livrent à des trafics commerces divers, surtout alimentaires en l’occurrence. Ces quelques végétaux me rappellent inexorablement à ma réalité alimentaire : l’anarchie la plus totale (qui se résumerait à : tout ce qui « cale » en cas de besoin, n'importe quand et quand j'y pense), à mes accès hyperphagiques si calmants, à mon incurie nutritionnelle, à mon allergie aux légumes, bref, à ma santé. Sur ce, toute absorbée par ma réflexion prophylactique, je bute presque sur une jeune femme plus que pâlotte, voire grisâtre, la peau fripée malgré son jeune age, agrippée à une clope qu'elle tête avidement comme si tout le sens de sa vie était accroché à cette aspiration éperdue. Et voilà que je me surprends à bénir tous les dieux de mon panthéon, et moi la première, d’avoir été libérée de cette dépendance : le tabac. Je repense alors à cet ex taulard, ex SDF, croisé dans un groupe qui proclamait : « J’ai la chance d’avoir d'la chance, et j'suis content d’être content ! ». Eh bien, moi aussi. J'ai été capable de vivre certaines choses jusqu'au bout du bout, pour avoir un jour simplement choisi la Vie.

 

Mon addiction à Mr Compaq, mon plus fidèle faux ami, étant ce qu’elle est, et mon souci de ne pas saborder ma journée de formation de demain encore plus forte, il est 00h00, alors je vous mijote la suite de mon baromètre addictif du moment pour… une autre fois.

05 décembre 2007

Petite météo métaphoriquement marine

Je tente de garder - telle une petite embarcation qui aurait gaillardement hissé sa grand-voile - le cap le plus sûr permettant de capter les moindres vents susceptibles de chasser les nuages menaçants... Quelque fois je me retrouve bout au vent, embarcation non propulsive et voiles fasseyantes*, ou bien c’est la brise qui mollit, et... l’allure tombe, ça crachine un peu, mais pas de quoi flanquer la nausée au matelot, malgré les noeuds, ça file l’air de rien…

 

*En termes marins, fasseyer se dit d'une voile insuffisamment bordée qui se dégonfle en partie. Et « border » c’est l’action de reprendre le cordage (l'écoute), reprendre du mou, permettant de régler une voile en fonction de la direction du vent, de la raidir, pour la rapprocher de l'axe du voilier, ce qui permet de donner de la vitesse en reprenant de la puissance au vent… Et le cap c’est l’axe longitudinal orienté vers l'avant du bateau.

 

Nota : Je dédie cette petite météo à Spleen, alors même qu'elle met les voiles sur le vaste Océan H&F...

27 novembre 2007

Prélude

éperdu

, -UE : adj. XIIe siècle. Participe passé de l'ancien français esperdre, « perdre complètement », dérivé de perdre. 1. Qui a l'esprit profondément troublé par une émotion violente, une passion. Éperdu de joie, d'amour, de douleur. 2. En parlant d'un sentiment. Qui provoque l'égarement par sa puissance, sa violence. Un désir éperdu. Une crainte, une frayeur éperdue. 3. Qui exprime l'égarement d'une violente passion. Un coup d'œil, un regard éperdu. Une fuite éperdue, désordonnée, affolée.

(Fin de définition du Dictionnaire de l'Académie)

Et si je reconnaissais ces définitions comme prélude à ma manière de m'apparaître au monde, j'aimerais bien m'appuyer sur ce chaos existentiel et émotionnel pour le faire fructifier, la folle ambition d'en organiser quelques fragments, m'accomodant du doute, de l'absurde et de toutes les béances, allant à la quête des dons que je saurais mettre à l'oeuvre pour leur donner un peu de sens...

Et ce, avant ma Fin.

En moins abscons, je tourne actuellement autour d'une envie, d'un besoin même : aux petites heures de ce matin encore j'y pensais, à propos de l'écriture, ici ou ailleurs. Le plus dur serait de tirer le bout du fil de la bonne pelote... la distance que je souhaite prendre, et laquelle. Je ne souhaite pas "raconter" mon quotidien, et pourtant j'ai l'intuition que c'est en étant au plus près des choses les plus simples que je toucherais le lecteur, et qu'il s'y reconnaîtrait. En tout cas c'est ce qui me touche chez les autres, cette humilité dans les détails... Ma propension à tenter de mentaliser mes vécus, d'en tirer moi-même une philosophie, n'est peut être pas si bonne. Et si je laissais le lecteur le faire justement à ma place ? S'y reconnaître ? Je pressens là un fil créatif qui va me donner du fil à retordre...

Comment pourrais-je orienter ma plume pour qu'elle serve vraiment, à moi et aux autres ?

11 novembre 2007

Ma manie

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Ma manie informatique
je la trouve sympa.
L'encre sympathique
ça ne me déplait pas...
Ainsi je pourrais manier la pique
(et tout ce qui rime ou pas)
et cacher mes peurs mutiques
que l'on ne saurait pas...
A moins de posséder l'art magique
de voir les choses là où il n'y en a pas ?