04 février 2008
Pourquoi s'exposer sur un blog ?
En réponse à la question fort pertinente de M. concernant ce besoin que j'ai de m'exposer sur un blog... C'est une fameuse question, très pertinente, et très intime... On prend soin de soi comme on peut, et nous sommes tous différents face à nos blessures. Et si nous avons le même amour de l'écriture, nous n'avons probablement pas le même rapport au goût de partager.
J'ai eu ma période rose de communications virtuelles (avant et pendant ma période Pulpe), ça m'a passé : j'ai fait cavalier seul sur un blog, ce fut une nécessité vitale. J'ai conservé une passion exploratrice (je suis curieuse et j'ai du temps), et je vis cet outil - le net - comme incontournable, au même titre que le bus, mon agenda, ma bosse à dents et la parole. Juste que je commence à y puiser un « plus » à ma vie et non plus une béquille à ma solitude. Et une ouverture autrement sur le monde, que je n'avais qu'au travers du petit écran. A caractère addictif, certes.
J'ai aussi un rapport obsessionnel passionnel au bidouillage sur l'ordi et le web m'excite à cet endroit là (si si !) du potentiel de communication et de découvertes, j'entends (j'entends rien à cet endroit là je rassure). Quand j'ai trouvé comment marche un truc (récemment par exemple les RSS, bon j'suis pas vive mais j'avais jamais cherché), ou toute fonctionnalité pour agrémenter mon usage au quotidien, et facilite mon cheminement vers certaines de mes curiosités, j'ai une satisfaction réelle : j'ai vaincu la bête, et je savoure une sorte de modernité qui ne creuse pas mon portefeuille déjà anorexique !
Quant au blog, il y a de l'intime que je ne partage pas ici, et inversement. Et de l'intime, ça n'est pas le même ici, le nommer et l'écrire m'en donne une autre dimension que le vécu. Avec un soupçon de recul indispensable, et un moyen de fixer ce qui s'envole trop vite chez moi, ma mémoire étant une fausse amie : j'ai le souvenir volatile...
Ici l'intérêt c'est de choisir comment je vais me dévoiler, ce que je vais dévoiler et quand, et c'est cet exercice là, à cet endroit précis, qui me soigne et me respecte...
Peut être besoin de placarder des choses que je vis, parce que je ne suis pas encore tout à fait sûre que c'est moi qui les vis ?
Bon, et puis la fréquentation de ce bloguinet est carrément confidentielle !
Je ne sais pas si dans un livre je me sentirais plus protégée, je ne crois pas. Le livre t'échappe comme un tableau, c'est un objet. Ici ça n'est pas le même rapport à la création il me semble. Il ne reste pas un objet figé, il est évolutif.
Et puis, dans un beaucoup trop long texte sur La Tortue éperdue je concluais :
- Écrire avec la peur viscérale de m'exposer, invariablement.
Donc une jouissance masochiste, probablement aussi dans cette peur là...
C'est mon côté théâtral de cantatrice authentique, mettre un peu de solennel dans mes déclarations, une emphase, une mise en scène, un costume et un décor adapté, et que ça reste gravé dans le marbre de la toile.
Parce que sinon, je suis toujours rattrapée par le quotidien qui me fauche émotionnellement.
Je suis rarement contente de ce que j'écris, enfin c'est fluctuant peut être bien en fonction de ma honte et de mon estime de moi. Je crois qu'écrire ainsi sur des blogs ce sont des pieds de nez à ma honte, ainsi qu'à ma peur mêlée d'un très fort désir de m'apparaître, et de témoigner de mon existant - et comment - aux autres... ayant peu de circonstances publiques en dehors de certains regroupements...
Dans mon tout premier blog, j'expliquais qu'au départ ça avait été un cri dans l'immensité galactique du web, qui m'a parue à la dimension du besoin inextinguible. Je crois que ç'en est toujours un, mais un cri silencieux qui ne demande rien, si ça n'est de pouvoir être poussé...
18:45 Publié dans Le passage du « Dedans » au « Dehors », Ne pas perdre le fil | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, écriture, blog




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Commentaires
Je te suis à 100%
Ecrit par : Lukka | 12 février 2008
> Lukka : Cela me réconforte, tiens !
Et tu ne dors pas non plus, à c'theure ci ? Hm
Ecrit par : Éperdue | 12 février 2008
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