28 janvier 2008

Sémantique

 

Je reprends cette image de Julo trouvée sur son Blog à part...

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Et il commente : « Le web jargonne dur. Et si l'homo numericus n'a aucun mal à comprendre ces barbarismes, l'homme de la rue devra bientôt apprendre le ouaib comme une langue étrangère... » 

Ceux de ma génération, oui... Poké ????????

Éperdue de ses enfants

Superbe WE avec mon groupe, la Fée-Mère et Ravi...

Ce dimanche matin en arrivant là bas, je me suis sentie totalement profondément heureuse et en paix (!).

Alors j'ai acheté des Narcisses pour fêter et partager ce vécu de bonheur avec mes compagnons. J'avais un rituel essentiel et fort de sens à accomplir, le bonheur de savoir que c'était juste et bon pour moi, et le bon moment.
Ça a pointé son nez ce 2e matin là, et j'étais avec cette évidence : c'était « ça » que j'avais à faire...
J'ai apporté plein de photos de mes deux enfants, et je les ai présentés au groupe, et j'ai déposé dans ce cercle combien je les aime (larmes) et combien je suis fière d'eux (larmes)...
Car là où j'aime, « ça » pleure...
Me dire - et dire ! - qu'aujourd'hui ils vont bien et qu'ils s'en sortent.
J'ai pu réunir en amour - devant témoins - mes deux enfants vivants, demi-soeur-et-frère, deux de mes 4 longues vies (et toutes ces morts) sur cette terre, deux histoires si distinctes, mes deux enfants qui se connaissent à peine, et me sentir une maman qui pouvait enfin se [re]poser en confiance. J'ai emprunté les hommes du groupe comme pères bienveillants et sécures (symboliquement) pour m'apporter cette sécurité à mes côtés, saine énergie masculine qui a tant manqué à mes côtés en tant que maman.

C'était émouvant et beau. Fée-Mère m’a dit : « Bienvenue dans le monde des Mères qui sont fières de leurs enfants et qui les laissent partir… »

Jusqu'à maintenant, j'étais une maman qui errait - perdue - comme un fantôme dans la stratosphère, et le lien avec mes enfants était un fil ténu, enchevêtré et douloureux, un fil fragile et chargé de plein de choses trop lourdes, un fil que mille fois j’ai cru rompu. Je n’ai pu leur donner autant de sécurité ni les protéger comme j'aurais voulu. Je me rends compte que j’ai toujours eu peur pour eux, ayant l’âme tant captive lors de leurs croissances respectives. Enfants d'une maman éperdue...
Une maman qui à présent a pris un ancrage, pris des témoins aimants de la transformation de ma relation à eux.

J'étais en paix avec ça. Je suis en paix avec ça.
Je vais réaliser un cadre, pèle mêle de ces photos où mes deux enfants seront côte à côte.

Je suis comme lavée de ces chaudes larmes, de belles émotions, et d'émotions tout court (celles des vécus magnifiques de mes compagnons) !

A mon retour hier soir j'étais seule, ma fille, son chien et son copain étaient repartis.
C'est étourdissant comment « ça s'ouvre» en moi en ce moment…

25 janvier 2008

Oyez, oyez !

J'ai eu le plaisir d'assister hier soir en avant première !, à la lecture-performance-d'acteur de Nicolas Pignon, de fragments du dernier roman d'Amos OZ (Vie et mort en quatre rimes).

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Belle expérience, très divertissante, et je vous invite à faire de même et à découvrir des textes d'une autre manière avec le:

Festival de lectures et de rencontres littéraires
du 5 au 10 février 2008 à Paris

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  • Découvrir des textes et se laisser emmener par la voix des acteurs,
  • Une programmation variée, ambitieuse, centrée sur l’actualité éditoriale,
  • Des lectures par de grands comédiens de la scène française (Marie Christine Barrault , Thibault de Montalembert, Nancy Huston, Fanny Cottenson...),
  • Des rencontres avec des auteurs importants.

N'hésitez pas à diffuser ces infos, car les soutiens institutionnels attendus n'ont pas été au RDV. Seule la passion des organisateurs (directrice artistique Nadine Eghels, qui déborde et pétille de choses à dire sur l'écriture et la lecture) et le talent des partenaires et des acteurs engagés dans l'aventure, permet de soutenir cet événement littéraire original qui vaut vraiment le déplacement ! (Et ma petite fierté : l'une de mes amies figure dans la liste des organisateurs, et n'est pas étrangère à ma présence à une autre Conférence...)

Formulaire d'inscription à éditer et à photocipier.

23 janvier 2008

Le moussaillon a bu la tasse

Mais il surnage et sait fort bien nager !

Suite à la pseudo « pose » de ce matin, sensée durer 1h et qui en a duré 2, et qui s'est transformée en course poursuite éperdue... Je suis arrivée une heure en retard chez ma mère (et n'ai pas du tout rattrapé le retard dans mes différentes tâches), pas bossé sur la plaquette sous prétexte de rajouter un alinéa ici, pour finalement écraser la bonne version de la note, que j'ai réécrite en toute hâte, et découvrir au bout du compte que je l'avais sauvegardée sur Word !

Ravi trouve que me vie est pleine de Vie et qu'il n'entend que bonheur et créativité dans tous ce que je lui raconte de tout ce foisonnement qui me donne le vertige... et me donne la sensation d'avoir un coussin d'air sous les pieds. Je savure et jouis de recontacter tout ce qui s'ouvre à moi par l'écriture...

 

Jette l’ancre, moussaillon

Faire escale dans ma petite crique quelques instants.
Pour donner de mes nouvelles ici, ma nature perfectionniste me poussant : publier et y passer quelques heures – voire une journée -, ou bien je n'écris rien. Accéder à un juste milieu ?

Hélas, depuis [l'ouverture de l'abîme], j’ai lu que pour avoir des lecteurs (puisque j'ai envie d'être lue) il faut :

  1. Poster beaucoup,
  2. Commenter ailleurs,
  3. Mettre des liens dans les textes, qui renvoient sur d’autres infos,
  4. Mettre des liens vers d’autres blogs,
  5. Echanger avec des milliers d'autres blogueurs,
  6. Insérer des trucs style RSS et Tags et Flux, auxquels je ne pige rien,
  7. S'inscrire sur Facebook,
  8. Exister en même temps
  9. Et des choses encore bien plus obscures... (comme être patiente par exemple)

... l’entreprise prend forcément du temps. Je devrais m’accorder que j’ai le droit de ne pas Tout Faire d’un seul coup !  °_O

Oui, mais l'avocate implacable de l'Eperdue ici présente rétorque : Eperdue a besoin d'écrire pour se sentir Exister

Seulement voilà : incroyable. Dans ma vie que je vis tous les jours, je-n'ai-pas-le-temps. Ça court dans tous les sens, je me sens... comme une feuille éperdue, emportée par des vents tournants. Mais c'est mon légendaire manque de recul qui me fait dire qu'ils sont tournants... car si j'y pose un regard un tout petit peu distancié, c’est un vent d’ouest bienfaisant qui me porte en avant, ce ne sont que rencontres, retrouvailles, réflexions avec amis et collègues, appels et mails d’amies qui me font des propositions de lieux, de clients et de collaboration, initiatives, impulsions, démarches et autres « machins » (je ne sais pas le vocable approprié) qui me font avancer soudain.
Mais mon lecteur averti (moi, donc), se souvient qu’avancer, dans mon système, ça équivaut à : vitesse supersonique, tourbillon et légère panique permanente ! Je rappelle que mon économie tortuesque est plutôt à l'immobilité et à la paralysie.

Donc affolement permanent, avec une variabilité d’intensité.
Plus le temps de me poser dans mon « Dedans » ou devant ma TV aussi longtemps que cela me semblait nécessaire (TV dont je n’ai d’ailleurs toujours pas raconté ici, mon ineffable addiction).

Depuis La conférence, les choses se précipitent, plus le temps d’atterrir (synonyme pour moi : de m’enterrer). 

  • Après le plombier (2 visites, un devis et une intervention à prévoir), les travaux du menuisier (même pas cher !) et super efficace, le carreleur est passé... objectif : résoudre un conflit de fuites dans l'immeubles sensément provoqués par manque d'étanchéïté de ma douche et de celle de 2 de mes voisins (vous y croyez, tout ça ?).
  • Avant hier j'ai prêté mes yeux à un hotliner téléphonique pour le PC en rade de ma Fée-Voir (puisqu'elle est non voyante). Un après midi, après la séance corporelle avec elle. Puis discussion autour d’une refonte provisoire de sa plaquette que l’on me réclame ailleurs.
  • Hier j'ai été avec deux gars pour lesquels j'ai beaucoup de tendresse, JP et D., faire un safari banque - près de chez moi - pour trouver celle qui ne nous ferait pas de frais de gestion de compte (presque tous des voleurs) ! pour ouvrir un compte pour l'association de thérapeutes dont D. est président et moi trésorière (!). A la Bred c'est gratuit, qu'on se le dise !
  • J'ai repris le travail sur les statuts de ma propre association. Mes deux compères vont d'ailleurs s'en inspirer (traduire leur servir d'esclave consentante et faire le travail à leur place) pour la leur propre. La journée a été très joyeuse, malgré ma panique anticipatrice… Je les ai reçus dans ma caverne !! Nous avons avancé sur plusieurs autres points, plaisanté, beaucoup ri et été émus. D., que j'aime de tendresse, a aimé mon "bureau".
  • JP, que j'aime autrement, est resté jusqu’à 21h30, et je lui ai lu certains de mes écrits préférés : c’est un plaisir encore plus frissonnant que de partager l’écrit, sous le regard de l'autre, la beauté du partage de l'émotion, d’y mettre toutes les tonalités que je mets en mon âme en l’écrivant et que parfois les mots n’ont pas (encore !) réussi à traduire. C’est ainsi que j’ai constaté qu’il me faudrait retravailler sur « La tortue spéciale » et un autre conte métaphorique. C’étaient de ma jeunesse de scribouillarde, c’était écrit il y a deux ans… Mais ça vient encore alimenter ma réflexion sur mon écriture – ma créativité - sur laquelle j’ambitionne d’écrire, d’ailleurs. Nous avons commenté « Graines de lentilles », qui est une production très récente : la nouvelle Eperdue telle qu’elle a envie de s’apparaître…

Tout ça,  me semble-t-il depuis que ma fille est partie... La Paix. Jusqu’à ce qu’elle revienne, car je ne peux pas croire que ça durera là bas, c’est sous certains aspects (promiscuité, tensions, cris, présence de son père, violences implicites, non dits) intenable chez sa grand-mère.

Voilà, je vais plus pouvoir me remettre au travail après ce bulletin : dernières retouches au flyer de Fée-Voir,  (que ça a bien fait rire quand je lui ai dit son pseudo ici), mailing pour une 100e de collègues pour une manifestation de deux jours cet été, dont je suis chargée de la logistique (pfiou).

On procrastine, oui, ou non ?

Et si je ne retourne pas à ma dose quotidienne de lecture sur mon lit, je fais un malheur, ou je pète les plombs ? Je me marre toute seule en écrivant ça.

Il faut rester cohérente, malgré les vents portants…

Note Eperdue : Je viens quand même de passer une heure ici ! Les liens (hypertextes !) et renvois de ce texte vers les quatre points cardinaux, ce sera pour ce soir. Je vais donc réaliser la prouesse de bouter hors de moi le perfectionnisme tatillon et obsessionnel, que je qualifierais aujourd’hui de fourmiesque, et m’en tenir à ça.

(Point)

21 janvier 2008

Bouquinosphère 3, la conférence

Sur le site de Hubert Guillaud, vous trouverez quelques vraies photos prises les yeux ouverts, avec un vrai appareil.
Sur les liens joints dans son texte, des commentaires des conférenciers, des liens sur d'illustres blogueurs présents et ici une vidéo du brillant exposé d'Hubert, qui a eu la délicatesse de me mettre un comm' ici... pfiou !

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Photo de Gunthert

On y aperçoit bien plus nettement aussi le fameux plafond, et l'on peut m'y dénicher, cachée dans les manteaux et les yeux dans les nuages... ;-)

20 janvier 2008

Après la Conférence

En phase de digestion de ce que j'ai vécu vendredi soir, et vraiment malade hier. Et ça n'était pas la grippe !
En phase de maturation aussi pour écrire autrement, ce qui débutera peut être par la réédition de certaines de mes nouvelles et contes, voire poèmes, sur le Nouveau blog.

Quelques thèmes aussi de nouveaux billets travaillés hors cette urgence très particulière déjà nommée ici, idées jetées précieusement dans le petit carnet, où elles pourront mûrir et trouver le bon moment pour éclore... 

36914edfeaaf11cb865e52813e7156fb.jpgEn attendant, j'ai récupéré de tout le "trop", en dévorant aujourd'hui le 1er d'une longue série de « rompols » de Fred Vargas que j'ai bien l'intention d'absorber pour mon plus grand plaisir.

 

 

 

 

 


D'autres infos sur Amazon 

19 janvier 2008

La Conférence

Avant la conférence

La peur d'être vraiment à ma place était peut être bien là.

En anticipation anxieuse de la conférence d’hier soir, il m'aura fallu quelque soutien d'outils de décontraction, m’adonner à quelques fuites - qui s’avèrent parfois créatives - annuler un engagement pris juste avant – reculer pour mieux sauter ? - pour réussir à me rendre à cette conférence. Le pari n’était pas gagné d’avance, un long combat intérieur s‘étant livré en moi : « tout annuler et rester au fond de mon lit », ou me lancer à me rendre à cet événement qui va dans le sens d’une de mes quêtes actuelles : que faire de mon envie d’écrire – sur des blogs pour l’instant – et comment, et avec qui, et dans quelle communauté d’écriture, quels éditeurs, quels ateliers, pour quelle mission humaine, quels autres thérapeutes, comment utiliser cette veine là ?

Bien que je suppose ne pas être la seule à pratiquer la procrastination, celle ci revêt chez moi des formes très sophistiquées... J'avais PEUR d'être en retard (et faisant tout pour l’être), peur de ne pas y arriver à cette conférence, peur de ce que j’allais y trouver (des fois que ça soit bien !) peur de... Alors voilà. Afin de détourner l’énergie de l’anxiété (qui pousse en avant, mène à la fuite ou paralyse, c’est selon, on le sait bien) j’ai créé un autre blog ce même après midi, agrippée obsessionnellement à mon écran, devant les énigmes très addictives chez moi des nouveaux paramètres de construction et de mise en forme (et autres obstacles irrésistibles) qui se présentent chez ce nouvel hébergeur...

Depuis longtemps je me sentais insatisfaite par l’interface graphique proposée par H&F. Depuis longtemps attirée par celle proposée par d'autres, dont il se trouve que des protagonistes de cette conférence faisaient usage.

Insatisfaite aussi de mélanger dans le même lieu virtuel journal intime et cris de douleur stupéfaits, à des textes plus élaborés et plus mis à distance…

Je ne savais même pas en écrivant cette note où j'allais poster ce billet de ce matin... Ici, sur Eperdue, identifié avec plus de précision depuis hier comme ayant fonction de « Journal intime » ou sur le nouveau dédié à l’ « écriture » ?

@_@

La conférence 

Ce que j’ai entendu ce soir là m’a donné envie de lire plus de littérature, qui est une source d'inspiration et un enrichissement, envie de travailler à cette écriture, eu confirmation qu'il me manque des pistes et des billes, des « trucs », du type de ceux que Christine (amie thérapeute et animatrice d’ateliers d’écriture) m'a glissés... etc.

En l'occurence, de cette aventure nocturne, je ne raconterai que ce que « moi » j'en ai vécu... pas aisé quand ça vous a mis les tripes en vadrouille... mais ça fait partie du tableau ! Normal. Autant de gens inconnus à la fois, lieu inconnu, démarche inconnue, c'est encore beaucoup dans ma nouvelle économie de vie. Donc claquée, vidée.

Cette conférence était à la fois passionnante et déconcertante. Je n’ai pas compris grand chose à ce qu’a raconté François Bon, mais je l’ai trouvé brillant, émouvant et drôle… J’ai été impressionnée par l’exposé très posé et un peu surréaliste de Hubert Guillaud, et entièrement d’accord et très intéressée par celui plus décontracté et « bonhomme » de André Gunthert.

Mon ressenti de plus saillant ? J’ai eu mal au ventre dès que je suis arrivée dans le métro…Grand moment de solitude en arrivant dans la salle bondée d’inconnus. Incapable d'oser trouver moyen d’avaler deux Spasfon. Des Gens !? Terreur.

Mais téméraire, et courageuse je suis.

Je me suis trouvé un petit coin, sur une chaise de jardin rouge sciant mes cuisses, et j’ai écarquillé les yeux, sous un plafond mosaïque de belles photos de ville éclairées comme des diapos. Constatant finalement que je ne faisais pas « tache » dans cette assemblée pour le moins hétéroclite. J’ai bien tenté de prendre une ou 2 photos avec mon portable dans l’intention pseudo-journalistique de blogueuse soit-disant avertie, d’immortaliser ici l’instant exceptionnel, mais j’ai pas osé en prendre durant les exposés (je me serais exposée).

Vous n'y voyez rien ?
Normal, j'étais dans le brouillard...

C'était passionnant. Et un peu angoissant aussi. Trop d'univers, trop de concepts que je n'ai jamais côtoyés. C'est que ces gens là grenouillent là dedans, la littérature, l'écriture, le web et l'édition, depuis des années et ça fait partie de leur vie !

J’ai bien tenté d’échanger quelques mots avec des gens que je ne pouvais éviter de bousculer pour me déplacer à l’entracte, certains sympas, un autre pédant avec son e-book à la main.

Conclusion ? Je suis repartie avec plein de notes à partager avec mon amie initiatrice, et totalement déstabilisée. Ca n’est déjà pas une démarche simple de me sentir à ma juste place dans ma démarche hésitante d’écriture, alors là…

J’avais ouvert un abîme devant moi. 

18 janvier 2008

Conférence débat : Ecrire avec internet

Je vais essayer [Éperduement] d'y être ce soir à 20 heures : 

Ecrire avec l’Internet : paradoxes, mutations, vertiges :

« Le net est un lieu et un outil de création,
avec tous ses chambardements, ses ambiguïtés, ses risques,
on y met évidemment une grande part obscure de nous-mêmes,
sinon on n'y paserait pas notre vie comme ça
c'est dans cette part obscure de nous-mêmes,
sinon on n'y passerait pas notre vie comme ça,
c'est dans cette part obscure qu'il faut aller. »

(François Bon, remue.net)

Deuxième rencontre proposée par remue.net en collaboration avec la Scène du Balcon à 20 heures le vendredi 18 janvier :
Contre la littérature, immuable et fragile, l’expansion sauvage du numérique ? Imprédictible en chacune de ses étapes, le développement des usages de l’ordinateur et du réseau est désormais une onde de choc qui traverse tous les maillons de l’ancienne chaîne du livre, mais génère en même temps des approches neuves de l’écriture.
Tentative de les formuler, les explorer, avec 3 blogs repères : François Bon (tiers livre, littérature et Internet), Hubert Guillaud (La Feuille, observatoire des pratiques virtuelles), et André Gunthert (EHESS, actualités de la recherche en histoire visuelle).
Chacun présentera, de son point de vue, une brève histoire de l’Internet, avant confrontation.
Présentation : Sébastien Rongier.

Cette rencontre sera précédée, dans le même lieu, dès 18 heures, d’une « bouquinosphère », troisième du nom, rendez-vous informel des blogs livre et numérique dans leur diversité.

*^*

Centre Cerise : 46, rue Montorgueil, 75002 Paris (métros : Sentier ou Les Halles). Entrée libre et gratuite.


Prochaine rencontre le vendredi 15 février : les ateliers d’écriture.

15 janvier 2008

La valise

Il y avait déjà des choses qui frémissaient dans mon petit monde. Mais là j’en reste un peu statufiée...

Parce que là... 4f6639f398910c10418c1b9d0d41210e.jpg

Hier je reviens d'un déjeuner avec une amie, et je surprends ma fille préparant ma valise rouge.
- Que fais-tu avec ma valise ?
- C'est pour mettre dedans le sac de 15 kg de croquettes de mon Baki...
- Ah ? et pourquoi ?

 

Et là, elle me déclare qu'elle part vivre chez sa grand mère ! - en semaine - car dit-elle « J'ai pas le choix si je veux travailler (!!...), pour faire garder le chien »... Ceux qui connaissent notre histoire apprécieront. Juste des chiffres : 20 ans, quitté l'école à 14 et jamais travaillé. Un molosse de 35kg, un petit ami molosse chomeur depuis 1 an retourné chez ses parents il y a quelques semaines selon mes voeux et suite à une crise ici.

Peut être aussi aurait-elle enfin remarqué à quel point j'étais malade de subir son mode de vie, et son inconscience irrespect du mien, et que toute mon énergie vitale était canalisée dans ma résistance à la violence de l'intrusion? Mais non, je m'illusionne encore !
Elle est prag-ma-tique !

Et d'ailleurs elle reviendra tous les WE avec son chien... et son chéri !

Et d'ailleurs, elle revient demain soir, pour un baby sitting près d'ici, et faire enlever les agrafes à la papatte du chienchien, qui s'est fait mordre ce ballot.

En tout cas elle - ils sont - partis hier...

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Et moi, stupéfaite.

Et en même temps ayant conscience de vivre un grand moment, à ne pas rater. Un grand moment entre elle et moi, car peut être que de toutes nos séparations depuis la toute première, alors bébé de 5 mois lorsque j'étais hospitalisée en HP sans elle, c'était de tous ses départs peut être symboliquement et consciemment l'un des plus émouvant pour moi... Avec ses départs petite fille, seule aux USA en avion pour voir ses cousines. Cela signifie qu'elle prend sa vie à bras le corps et qu'elle assume certaines choses. Je suis fière d'elle.

Mais comme c'est aussi mon rêve le plus fou (ET qu'elle bouge dans sa vie ET que je puisse enfin réaliser mon projet et vivre ma vie) rêve qui était peut être en train de se réaliser, j'ai senti qu'il fallait absolument saisir cette opportunité. J'ai peut être montré un peu trop d'empressement, mais je la connais, le dialogue est presque aussi facile avec elle qu'avec une murène furieuse sortant d'un bocal d'huile d'olive. J'ai commencé à lui dire que j'envisageais comme elle le savait - du coup plus tôt que prévu - de ranger et d'essayer d'aménager sa chambre comme « bureau pour recevoir de futurs clients »... Mais elle ne voit pas ce que je veux dire puisque pour elle son bordel (encore innommable) est « normal » !!! Lui préciser, pour la respecter, qu’il y aurait forcément des objets personnels à enlever, ranger, masquer… Mais non, elle ne comprend visiblement pas (comment le pourrait-elle ?) que je lui dis que je ne souhaite pas l’expulser symboliquement de son lieu, mais qu’il faudra le rendre visiblement et énergétiquement « neutre »… Non, « j’men fous » est la réponse. OK. Je fais ce que je veux et elle râlera lorsque je vais la mettre à contribution pour entamer la Grande Révolution. A coté, Mao et la muraille de Chine ne sont que pets de souris.

Je n'espérais plus et avais lâché prise, tentant d'assumer en faisant le dos rond, l'inévitable invivable cohabitation, puisque incapable de l’éjecter hors de mes murs. Evidemment, et de loin, utiliser cette pièce comme cabinet de travail aurait été l'idéal, mais c'était trop beau pour être possible. Notez que c'est ce que je pense toujours. On ne s'habitue pas facilement à la réussite et aux solutions, lorsqu'elles surviennent après tant de douleurs.

La tâche en vue dans cette pièce, outre déblayages et rangements est titanesque, ne serait-ce qu'en restauration : scotch, posters et patafix aux murs à lessiver, armoires et tiroirs (abîmés) pleins de... tout ce que vous n'avez jamais imaginé que l’on puisse entasser comme bric à brac, pièce de 12m2 où elle zona depuis sa scolarité abandonnée, puis vécu avec son copain au chômage, 24h sur 24, avec un gros chien, une TV grand écran LCD TNT et tout le tralala, un ordi, une play station, une PSP, la Wi et j'en passe... Cartons qui se sont empilés au fil des ans au dessus du placard qui a renoncé à ses portes depuis longtemps, stores à poser pour masquer le contenu improbable de ce placard, tringle à remettre depuis sa chute lamentable arrachée du mur, neutraliser les bricolages surréalistes du ptit-copain-calamité, rideaux à poser, etc... Sans compter que : où mettre tout le linge [sale] qui s'est amoncelé ? Mon lave linge est en panne. Pas de place chez la grand-mère déjà envahie par mon ex mari. Ma cave où je n'ai pas remis les pieds depuis des années, n'est pas vraiment le lieu idéal car pleine comme un oeuf et très humide, et 4 étages trop loin, et seule j'y arriverai pas de toutes façons.

Et puis je me méfie, elle est cap' de revenir sur un coup de tête et SANS prévenir !!! Car là bas, même si ça a été un foyer pour elle des années, c'est loin d'être le Pérou, son père lui a squatté sa chambre et elle dort dans celle de mon ex belle mère.

Mais bon, il y a du changement !!! Et je vais peut être pouvoir investir un peu ma propre maison ? Et me sentir en paix et en sécurité quand j'y rentre !? Investir ma vie et m’approprier mon temps et mon espace ?

J'ai mal au crâne.

Un peu seule, et triste aussi, mais c'est normal...
Je tremble pour elle encore.

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