01 janvier 2008
2008
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31 décembre 2007
L’amour ? Mais qu’est-ce que c’est ?
J’entends à la radio et je lis à longueur de blogs, je vois des films où des gens « s’aiment ». Dans une relation amoureuse je veux dire. Des amoureux, quoi ! Ils se disputent, certes, mais ils se rabibochent ou s'entre déchirent mais « ça » au moins existe, ou bien se retrouvent aussi vite un autre partenaire et c’est un autre film qui commence… J'admets que ça doit être épuisant (et ma mémoire m'empêche d'être objective avec mon passé). Il y en a même qui vivent une relation de couple sans avoir envie de se flinguer ! Ou de fuir très très loin. Ou de finguer l'autre.
Rencontrer quelqu’un ? Avec lequel je serais capable d’élaborer une « relation », sans qu’on se blesse au premier malentendu ? Sans que la parano ne surgisse comme paravent relationnel ? Se rencontrer assez simplement pour avoir envie de se revoir, de créer de mini événements magiques qui vont tricoter le lien ? Vivre de simples moments de partage avec le désir au bord des lèvres et des doigts, avoir confiance en l’heure qui suit, confiance au lendemain ? Confiance jusqu'à après demain ? Folie.
C’est trop compliqué visiblement pour moi, et je me sens « anormale », exclue du genre humain à cet endroit là comme dans bien d’autres. Et pourtant ça n'arrive pas probablement parce que je m'en protège comme d'un danger mortel.
Déjà certaines simples relations amicales que j’avais nouées ces derniers temps m’ont surprises dans des pièges où je m’englue. La culpabilité, la honte, nommer ou ne pas oser les non-dits. Et si c'est amoureux, c'est risquer l’abandon, le rejet, l'abus. Risquer de ne pas plaire mais vouloir être soi à tout prix, accuser l’age, et les rondeurs, faire avec ce corps là, et la vie étroite et grise qui paralyse, le narcissisme en berne.
C’est trop risqué pour moi… Trop dangereux.
Et j’ai trop besoin de me replier régulièrement en moi, de « disparaître » aux yeux de l’autre.
Et le temps passant, je me sens toujours aussi étrangère à cette bizarrerie, qui (à entendre la voix dominante) a l’air d’être « normale » (?)
Mais comment font-ils ? Comment faites vous ? Je sais que j’ai beaucoup à offrir, et je ne parle même pas de la tendresse, et puis la sensualité…
Mais… Rien. (Exceptant de ce « rien » les rencontres épidermiques si faciles).
Trop de noir, trop de gris.
Trop de vie qui retenait son souffle pour ne pas expirer…
Où est-ce que ça pétillerait ?
Alors, je me nourris de ce que me donnent ceux que j’aime, et qui m’aiment me semble-t-il… Et puis heureusement, il y a Théo.
L'Amour je me demande si je ne vais pas le redécouvrir au quotidien, envers moi et envers les autres, tout comme mes petits instants de bonheur si fugaces, au travers aussi de ces tout petits « riens », ces petits accomplissements dont je triomphe modestement, en attendant de connaître la tendresse d'un être aimé.
La réciprocité me semble inaccessible... Cet endroit là a été saccagé dans plusieurs de mes autres vies. Le temps permet de refleurir paraît-il, seulement avoir la patience d'attendre le dégel...
10:00 Publié dans Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture
30 décembre 2007
Ne Rien Faire
Et dire le rien ici.
Je tiens justement à apporter une nuance de taille (sortir du tout-ou-rien) : ma vie n’est pas faite de rien, mais de touts petits riens.
Et à un rythme bien personnel. Rien que de le dire, je frissonne car je les aime ces touts petits riens quand je les savoure. Et c’est rien de le dire : c’est mieux de le vivre !
C’est pareil pour ce blog donc, puisqu’il est un miroir transformant. Je le perçois comme… évanescent, presque léger, pas léger dans le sens de joyeux, mais léger par inconsistance… Non pas que certains mots ne soient pas lourds du poids de leur sens, lourds du vécu qu’ils contiennent, mais peut être que j’y investis beaucoup moins de besoin de [me] prouver quoi que ce soit ou de me rassurer. Moins lourd d’attentes… Et qu’ayant toujours vécu dans une sorte d’hyper attente de « tout », de gravité et d’urgence, de soif, je me sente à présent comme presque transparente, l’inconsistance de l’absence de douleur… Je peux témoigner à tous les sceptiques angoissés de la vie comme moi que l’absence de douleur peut se vivre comme un manque de repère. La douleur tient aussi bien debout qu’un vêtement plein de crasse…
Me voici donc avec ce « rien » que je décrivais tout à l’heure (et qui n’est plus rien, puisque je reconnais son existence !)
Promenant Théo, et méditant sur mon dernier épanchement éperdu de « rien », je constatais cliniquement :
j’ai subi autrefois de la Sorcière des overdoses de
« trop de vouloir faire »,
« parais ce qui convient » ;
« sois adéquate » ;
« je veux pour toi » ;
« il faut que ».
Et surtout, surtout, du toxique le plus profondément introjecté qui est la chose la plus essentielle dans le monde de la Sorcière :
« Tu n'es pas adéquate en tant qu'être, [tu ne vaux rien en tant que Personne] alors pour compenser, toujours avoir quelque chose à faire ».
Et sachant que ne pas se conformer à ces règles c’est être condamné(e) aux flammes de l’enfer et de la damnation, ou pire, ne pas être aimée, ou à nouveau abandonnée, en l’occurrence « faire, c’est exister » fut un axiome aussi apocalyptique que toxique.
Dans cette logique névrotique, faire, c’est l’illusion de contrôler les évènements, les situations et les gens. Faire c’est se rassurer. Faire c’est combler le vide, faire c’est justifier son existence, car qui peut te le reprocher quand tu « fais ce qu’il faut » ? Faire c’est produire un résultat, et le résultat (soumis au cadre strict de certaines règles tribales) est la preuve que tu existes aux yeux des autres… Et quand tu n’existes pas au regard des autres, tu n’existes tout simplement pas ! Ça fait froid dans le dos, non ?
Voilà le toxique qui m’a nourri de longues décennies…
Et voilà pourquoi par antidote je me suis shootée de longues années à : « Ne - Rien - Faire »… Regarder le Rien en face, aller jusqu’au fond de ce néant là. Car j'ai l'exigence insensée, j'ai l'ambition folle de...
... Ne Rien Faire, pour Être !
Et j’y ai trouvé ma lumière et mon vrai moteur de vie. (Même s’il est encore en rodage).
Et puis j’ai découvert que je ne suis pas obligée de remplir le « rien » (ou néant), de souffrance – ou par exemple de substances pour oublier fuire la souffrance. (Il y a encore certaines dépendances relativement inoffensives, j’y reviendrai).
A présent, je sors de cette attitude réactionnelle paralysante (qui fut vitale) car « faire » c’est aussi poser des actes, c’est aussi rencontrer les autres, c’est mouvoir et habiter son corps, c’est s’enrichir, c’est alimenter de bonnes énergies, et même, même parfois, ça permet d’exister mieux et plus intensément par la création.
Je suis créatrice de mon existence aujourd’hui.
23:05 Publié dans Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog, Philosophie
Rien

Je n’ai rien à dire ici, je n’ai rien à montrer, je n’ai rien à raconter, ce que je vis me semble… Rien.
Je ne sens rien, ou presque, je me sens transparente dans toutes ces réunions familiales qui ne me font rien sentir (sauf un peu de joie avec mes neveux, un peu haine envers la famille, et de la frustration : bon, ça n’est pas rien) ! Ça me fatique et pour couronner le tout, je n'existe PAS dans cet environnement !
Mettre un point d’exclamation à la fin de ma dernière phrase c’est quelque chose, ça a de la matière ? Poser une question, ça n’est plus rien ? Mais ne pas avoir de réponse c’est… béant.
Je trouve ce blog plein de rien, pâle comme rien. Ma vie me semble vide, lente, n’aboutissant sur… presque rien. Ce « presque », c’est que je reconnais ne pas pouvoir qualifier ce que je vis de « rien » parce que je sais d’où je viens, et que c’est mieux que… rien !
Mieux que d’être morte, mieux que de disparaitre complètement aux yeux des autres et à mes propres yeux.
Est-ce que la vie ça serait juste un peu moins de rien ?
Est-ce que le « tout » de la vie serait ce minuscule interstice ?
Ce dérisoire, c’est juste un peu plus substantiel que « rien ».
Mais il y a quelque chose de pâle, de transparent et de vide comme dans ce blog, comme dans mon existence en ce moment… Et ça n’est même pas vraiment souffrant… Le miracle c'est de ne plus avoir besoin de combler ce Rien avec n'importe quoi, de ne plus en souffrir... et de regarder ce Rien !
Rien n’a de sens vraiment, si ça n’est de souffrir le moins possible, de ne pas couler encore et toujours, de faire des choix entre un tout petit rien à droite et cet autre rien devant, qui se pointe juste devant moi, une visite, une musique, une lecture, une tâche quelconque. Une quête éperdue de pures gouttelettes de Joie... De perles de Sens.
Rien n’a de sens si ça n’est : chasser le néant qui guette, le rien qui affleure.
Rien, c’est déjà quelque chose… ? Rien c’est : rien.
Bon.
Aujourd’hui je vais peut être revoir mon fils.
Ça n’est pas rien.
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26 décembre 2007
De l'addiction à l'abondance
Petit carnet,
noté le 10 décembre 2007, et réécri aujourd'hui
Cheminant vers le métro habitée d’un ressenti qui a quelque chose à voir avec de la sérénité (…) mes pas me mènent vers la Fnac, où j'envisage un achat qui pour ne pas être compulsif ne me semble pas raisonnable… selon mes critères et paramètres du moment. Il me manque deux titres de cette auteure (Elizabeth George) dont je (re)dévore la série de polars depuis quelques semaines, à raison de plusieurs heures par jour (5 ou 6 parfois). Je m’entraîne à m’adonner à cette lecture compulsive sans culpabilité car c’est probablement ce que je peux faire de mieux – sans me faire de mal – pour atténuer le vécu de néant et l’angoisse qui affleurerait volontiers. Je dirais que j’y prends tout simplement du plaisir, et qu’en l’absence de contraintes je me l’autorise.
Je dégotte trois titres de cette auteure et assez fière de moi, qui fais si peu d’achats de m’autoriser sciemment celui-ci, et je me dirige vers les caisses… Où je découvre que deux de ces trois ouvrages ne me conviennent pas et je les laisse à la caisse ! Je me surprends, la nouvelle Eperdue me surprend…
Mon trajet me fait passer devant une boutique où je décide d’entrer (mais quelle folie) pour acheter une joujou-couic-couic pour Théo, moyennant 3€… et où au moment de payer je demande sur une impulsion à l’un des membres cacochyme de la famille d’ancêtres qui tient cette armurerie : « vous n’auriez pas des portes-clés ? » ayant en tête l’une de mes innombrables petites envies toujours frustrées. Et je m’entends dire : « Oh mais si ! J’ai… des animaux… attendez, alors voilà… une tortue, et aussi… » « Stop ! , je la prends ! ». Je n’en crois pas mes oreilles, (ma carte bleue non plus). Je vais enfin pouvoir caresser du bout des doigts cet emblème rassurant dans ma poche, accroché à mon trousseau de clés désormais à l’effigie d’une « tortue » (je deviens un peu fétichiste avec ce totem-symbole intime, et pseudo choisi il y a quelques années sur internet)…
Sortant de là dans un léger état d’ébriété émotionnelle, je crapahute jusqu’à l’arrêt de bus qui doit m’amener chez ma mère (la sorcière) , pour je ne sais quelle transaction convenue. Et voilà que je tombe sur une dame qui porte un manteau tel que je l’avais rêvé, style, ampleur et probablement, qualité laissant à désirer… Depuis quelques temps je m’autorisais à rêver d’acquérir (si, si) un manteau, long, noir, style doudoune mais pas trop quand même. Je questionne cette dame dans un dialogue Occident-Afrique-du-Nord qui me va en l’occurrence, et je découvre que l’objet de ma convoitise est disponible moyennant 30 € à République ! La dame me gratifie même du numéro de bus que je peux emprunter pour y arriver ! Et me voilà dans ce bus, rêveuse, parce qu’un peu à des années lumière de ma vie quotidienne, si enfermée, si étriquée, si anorexique de plaisirs de facilité et d’abondance… Je trouve la boutique, il y en a un, je l’essaye, il me VA ! J’achète… Bon, 40 €, mais c’est génial je vais enfin avoir chaud dehors, et ne plus superposer des couches de vieilles pelures ! J’ai chaud, j’ai des poches et une capuche !
Moi, cette coquette frustrée, ex acharnée compulsive de l'achat vestimentaire condamnée à m'habiller sempiternellement pareil, je me sens presque… neuve et d’apparence un peu moins poussiéreuse !
Voilà comment j’ai commencé ces derniers temps à savourer une sorte d’abondance embryonnaire. Depuis il y a quelque chose qui s’ouvre en moi, qui avait pour nid inconfortable cette sorte d’anorexie financière… Des petits signes, une sorte de fluidité, et pourtant rien n’a changé objectivement dans mes revenus officiels.
Seul mon regard intérieur sur mon droit à l’abondance a changé, et signe les prémices d’une abondance bien plus large, je le sens…
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17 décembre 2007
Baromètre addicitf - 1
Petit carnet,
écrit le 10 décembre 2007
Je m’achemine en ce mercredi de décembre dans un Paris humide et frais, clopin-clopante, ravie d’avoir à succomber encore une fois à mon addiction la plus saine, un rendez-vous chez l’un de mes « Magiciens. » Acte manqué ou pas, je me casse le nez suis trompée de jour, et faisant demi tour, je rêvasse assez sereinement sur ce que je vais faire de ce temps extirpé à ma sacro sainte bulle addictive du « Dedans », enrichie de surplus d’une somme que je n’attendais même pas (!) et tout en marchant les yeux fixés au sol comme à mon habitude, pour ne pas trébucher. Mes yeux se posent sur des fragments verts, morceaux de légumes, salade, chou… Je suis dans un quartier où une myriade d’asiatiques se livrent à des trafics commerces divers, surtout alimentaires en l’occurrence. Ces quelques végétaux me rappellent inexorablement à ma réalité alimentaire : l’anarchie la plus totale (qui se résumerait à : tout ce qui « cale » en cas de besoin, n'importe quand et quand j'y pense), à mes accès hyperphagiques si calmants, à mon incurie nutritionnelle, à mon allergie aux légumes, bref, à ma santé. Sur ce, toute absorbée par ma réflexion prophylactique, je bute presque sur une jeune femme plus que pâlotte, voire grisâtre, la peau fripée malgré son jeune age, agrippée à une clope qu'elle tête avidement comme si tout le sens de sa vie était accroché à cette aspiration éperdue. Et voilà que je me surprends à bénir tous les dieux de mon panthéon, et moi la première, d’avoir été libérée de cette dépendance : le tabac. Je repense alors à cet ex taulard, ex SDF, croisé dans un groupe qui proclamait : « J’ai la chance d’avoir d'la chance, et j'suis content d’être content ! ». Eh bien, moi aussi. J'ai été capable de vivre certaines choses jusqu'au bout du bout, pour avoir un jour simplement choisi la Vie.
Mon addiction à Mr Compaq, mon plus fidèle faux ami, étant ce qu’elle est, et mon souci de ne pas saborder ma journée de formation de demain encore plus forte, il est 00h00, alors je vous mijote la suite de mon baromètre addictif du moment pour… une autre fois.
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16 décembre 2007
« Trop » n'est pas abondance
Mercredi de la semaine dernière, le lendemain de l’expérience éprouvante, je venais de recevoir un chèque (106 €), ce qui en soi était déjà réconfortant, salaire pour les quelques heures effectuées dans une Maison des jeunes depuis 3 mois : un chèque ! De l’argent ga-gné ! Que je ne manquais pas de juger usurpé même si je sais que je chie dans la colle en disant ça mais c’est exact que sur le moment, je n'ai pas cru le mériter... Il me semblait avoir été payée déjà, du plaisir que j'ai pris à être dans cette situation...
A part ces quelques heures mensuelles arrachées de haute lutte à mon manque de confiance en moi et grâce au soutien d’une nana qui croit en moi, et réclame mes compétences (…) je me sens toujours aussi honteuse d'être incapable de monnayer mes services, de [me] vendre oui mais quoi ? de [me] justifier de quoi que ce soit auprès de qui que ce soit, surtout : trop violent. Trop de concessions que je me sens incapable de faire. Ce qui me maintient dans l’impuissance d’assumer selon moi décemment beaucoup de ma situation sans sombrer dans l’indigence et la précarité.
A conter cela, on aurait du mal à croire que j'ai connu une lointaine période de dépenses compulsives et avoir été une débitrice chroniquement dans le rouge, assortie d'un bon nombre de crédits révolving et autres pièges pour combler les trous dûs à une consommation éperdue... Trop de malheur, trop de frustrations, trop d'un mari humiliant et lui même compulsif, parasite, dans une quête artificielle et sans espoir de narcissisation.
Ce qui suit tend à prouver que les addictions ne sont pas des fatalités.
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Ces instants d’éternité
Après avoir traversé le moment de panique précédemment évoqué (l’affolement et la peur panique étant l’un de mes tics existentiels), qui finalement se solde par une expérience professionnelle aussi difficile que grandissante, j’ai envie de relater comme promis dans la prochaine note des petites ratiocinations plutôt sympas. Pour changer…
C’est vrai que le choc infligé par ma fille m'a statufiée quelques semaines. Un électrochoc indispensable.
Je récupère tout doucement, tout en abandonnant de très profondes croyances, et peut être bien ce qui est le plus dur - des espoirs. Des illusions ?
Alors peut être que je m'endurcis enfin ?
Encore beaucoup de tristesse, de frustrations, et d'acceptation.
En contrepartie et pour supporter tout ça, beaucoup de télé, trop peu d’écriture thérapeutique ici, par chance plusieurs journées de formation aussi, et des heures voire des journées entières et ineffables, dans mes bouquins, aux côtés de Théo.
Et qui sait, peut être quelques perles de sagesse qui viendraient comme un cadeau des dieux pour traverser et regarder - encore - devant, sans pourtant RIEN y voir ?
J'apprends à avancer sans espérer. Mais avec une sorte de foi peut être ?
Je regarde les toutes petites choses de la vie, et je tente de me réjouir de ce que j'ai. Pour ne pas pleurer si possible pour tout cet essentiel que je n'ai pas.
Et quelques fois, l'espace d'un fragment d'instant, ça marche...
Ca m’est arrivé deux ou trois fois ces derniers temps, de ces moments fugaces - des instants d’éternité ? - et j’ai tenté de les retenir. Je lisais aujourd’hui : « si nous ne saisissons pas l’instant, il s’enfuit ». Alors je tente de mettre dans ma besace des fragments de ces instants de lumière au lieu de l’alourdir avec des tonneaux de larmes…
Et je suis en train de prendre par la force des leçons d'humilité.
22:15 Publié dans Vibrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture, blog, Philosophie
11 décembre 2007
Danger mortel
Ce matin suite à un rêve excessivement sanglant, et mortel, et ce dans un contexte sado-masochiste hyper masculin, où je risquais également ma vie, agrémenté d’une migraine celle-ci bien réelle, j’utilise les quelques minutes disponibles avant le RER pour conjurer le climat très sombre qui me hante.
Je te livrerai peut être ce soir, Ö lecteur mes ratiocinations d’hier, mais ce soir seulement, car je suis en formation (lointaine) et par ailleurs ces jours ci assez peu inspirée pour écrire (plutôt bon signe concernant le réel), ma règle d’or étant : je n’écris que si j’en ressens la démangeaison, et même la brûlure…
Ce qui est le cas ce matin. Au risque de me mettre en retard.
Je pars pour ces des deux journées de formation bimestrielles qui sont ma hantise, tant elles sont « exposantes » et, je suppose que je m’y sens tant en insécurité intime que ce rêve de danger en est juste le messager. Tu parles d’un ange Gabriel !
C’est dire si cette épreuve m’affecte profondément, une situation que j’endure depuis un an, heureusement seulement 2 jours tous les deux mois, où je peux me sentir profondément déstabilisée, voire humiliée ma relation au regard de l’autre pouvant être un risque mortel avec envie de disparaître, anéantissement intérieur, liquéfaction et pétrification, une situation de « pratique » difficile avec une partenaire d'exercice perverse contrôlante récalcitrante, devant un groupe où mes frontières internes encore un peu fragiles peuvent être violemment bousculées du fait de la présence notamment d’une autre femme (!) qui m’a déjà agressée dans un autre groupe. C’est de l'histoire ancienne, ça, mais mon besoin de sécurité intérieur est tel que c’est présent dans le fond malgré tout. Et dire que je suis sensée apprendre, m'entraîner, alors que mon ressenti à moi c'est que je n'en tire qu'un vécu d'échec...
Bien entendu je ne renouvellerai pas l’expérience, à savoir pas de nouvel engagement dans cette spécificité pour 2008.
Mon métier est certes une pratique où je m'expose, mais dieu merci, avec les vrais clients, c'est bien plus gratifiant, et grandissant.
09:05 Publié dans Ratiocinations | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture
07 décembre 2007
Au souffle d’Aslé qui m’inspire :
Oui Aslé, l'écriture a été mon étoile du Berger pour ne pas sombrer corps et âme dans cette récente tempête, et vraiment, je suis fière (eh bien, cela m'arrive parfois ?) d'avoir eu cet instinct de reprendre la plume, cette Plume dont tu parles d'ailleurs de façon si époustouflante chez Toi … Cette conception de l’écriture que je partage avec toi passionnément quand tu parles de ce désir brûlant qu’elle t’insuffle d’« exister autrement », presque une exigence vitale, ou quand [ta plume] « a trempé sa pointe dans ton sang pour tracer tes lettres d’origine », ou bien encore cet « état d’urgence », expression que je trouve d’une extraordinaire précision pour décrire ce qui se passe souvent devant l’encrier, le cœur palpitant au bord de l’asphyxie et la plume tremblante à la main.
Et je songe en lisant d’autres consoeurs aventurières d’écriture, que – pour reprendre les métaphores marines que j’affectionne particulièrement - naviguer dans la brouillard et la tempête, ce pourrait presque être un bonheur anticipé lorsque dans les éclaircies, les bourrasques ayant balayé la brume, l'on aperçoit d'autres embarcations lancées dans la grande aventure de la sublimation, soeurs de galère ou de vibrations du fond des soutes de l'intime qui cogne trop, d'autres fières goélettes qui filent, mues par les mêmes vents qui rugissent parfois un peu trop fort, et ceux aussi plus rares tous doux et chauds comme des Alizés... Et je me plais à imaginer (encore !) que ce sont les mêmes vents qui nous poussent et que nous voguons de concert, même lorsque nous ne sommes pas à portée de longue vue...
Et oui comme tu le sens Aslé, il y a un point de centration en dedans - une source magnétique ? - qui dirigerait la boussole, une sorte d'axe inouï qui commande, souvent en pilote automatique, alors que moi j'ai le sentiment, éperdue, d'échouer, de m'échouer...
Et si je dois m’échouer momentanément, je peux découvrir que d’autres trésors intimes ou fraternels s'étaient déposés silencieusement à mes côtés au gré des ressacs. S'échouer parfois ça a du bon : reposer un peu exsangue sur la grève, mais reprendre son souffle le temps qu'il faut pour ré envisager le Cap, quel qu'il soit. Et même, parfois, on n'en connaît même pas le nom, de ce Cap, ni le sens, ni la direction, mais l'important n'est-il pas de s'y acheminer ? Et avancer pour moi, si je m'imagine (par exemple...) musardant au haut d'une falaise fleurie, c'est découvrir le même paysage sous d'autres angles, d'autres rivages et apercevoir d'autres horizons...
Ce qui me stupéfie toujours c'est cet instinct que nous avons de chercher à « rester à flot » malgré la sensation de couler.
Et dire les mots c'est tout à la fois : les déposer, les laisser nous emporter ailleurs ou nous accompagner jusqu'au fond du fond, en faire nos compagnons, se les arracher, quels qu'ils soient, marins, scientifiques, poétiques, crus, mots des maux, ces « mots dits » comme tu dis, ou « émois de mots et maux de moi » comme le dit si bellement Anaïs, ou pour paraphraser Tolstoï : à chaque fois que je trempe ma plume dans l'encrier un morceau de ma chair [vient se déposer sur le papier]...
Qu'au lieu de se laisser consumer par un mal profond, une blessure initiale, une honte indicible, en écrivant on embellit ce flambeau brûlant de notre essence, d'où va alors jaillir de la lumière, et comme je me plais à le croire, qui sait la transformer en une énergie qui serait restituée à l'Univers pour qu'elle serve à d'autres ?
C'est que, quelle que soit l'intention consciente ou non consciente, pour moi l'écriture relève de la survie et de la Création, car elle est un outil de transe-formation de l’Etre, au même titre que le burin ou le pinceau...
Et, c'est beau* !
(*Symptômes ineffables : chair de poule, chaleur intérieure et frissons...)
14:40 Publié dans Vibrations | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, écriture






